La campagne pour les élections législatives de jeudi en Algérie s'est achevée hier à minuit.
Selon les observateurs, cette campagne n'aura guère marqué les esprits, davantage intéressés par le récent scrutin présidentiel en France.
Cette campagne de 18 jours se sera déroulée dans une quasi indifférence des citoyens, échaudés par les promesses non tenues de députés sortants, souvent réduits à un rôle de figurant en échange de substantielles indemnités.
Un grand nombre de meetings inscrits au programme des partis ont dû être annulés, faute de public et les candidats ont opté pour des "campagnes de proximité" dans des quartiers populaires.
Mohamed Saidj, professeur à Sciences-Po Alger, impute "le manque de relief" de la campagne à l'état d'esprit des citoyens qui "ne croient plus aux politiques, encore moins aux promesses électorales qui frisent parfois le ridicule". "Quand on entend certains candidats promettre des allocations pour chaque chômeur, un SMIG à 25.000 dinars (270 euros), on a envie de leur dire, arrêtez!", dit-il.
Cette indifférence laisse présager un fort taux d'abstention, d'où les appels insistants des candidats à une large participation "pour faire barrage aux velléités de fraude de la part de l'administration", selon les termes de Saïd Sadi.
Ces législatives, les troisièmes depuis l'instauration du pluralisme politique en 1989, verront la participation des différentes familles politiques en Algérie.
Les partis de la coalition présidentielle seront représentés par le Front de libération national (FLN, ex-parti unique), détenteur de la majorité dans l'assemblée sortante, le Rassemblement national démocratique (RND) de l'ancien chef du gouvernement Ahmed Ouyahia, et le Mouvement de la société pour la paix (MSP, islamiste modéré).
Les démocrates seront présents à cette élection à travers le RCD de M. Sadi, ancré surtout au centre de l'Algérie, l'Alliance nationale républicaine (ANR), qui présente des listes communes avec l'Union des démocrates républicain (UDR) de l'ancien ministre de la Santé Amar ben Younès, et une tendance du Mouvement pour la démocratie et la société (ex-communiste) de Ali Hocine.
Le Front des forces socialistes (FFS) du leader historique Hocine Ait Ahmed, principale force de la mouvance démocratique, a de son côté opté pour le boycottage de ces élections, au motif que "le Parlement ne jouit d'aucun pouvoir".
Les islamistes prendront part au scrutin via le Mouvement pour la renaissance national (MRN) d'Abdellah Djaballah, évincé du parti par ses opposants qui l'ont mis en minorité, et de Nahda (renaissance). Abassi Madani, chef exilé du Front islamique de salut (FIS, dissous), a pour sa part appelé à boycotter les élections qui "ne feront que prolonger le drame des Algériens".
Depuis samedi, les 1.167.000 Algériens de la diaspora -dont 768.000 en France- votent au niveau des consulats, tandis que, dans les zones désertiques, les opérations de vote dans des bureaux itinérants ont débuté hier.
Au total, 12.229 candidats, regroupés dans 1.042 listes présentées par 24 partis et 102 listes indépendantes, se disputeront les 389 sièges de la chambre basse du Parlement algérien. (Source : AP)