MEHRI
Lundi 06 Novembre 2006 08h11
Bonjour
En écoutant les informations hier soir, j'ai été surpris par le verdict du procès de Saddam Hussein. J'ai cru un instant que je regardais un film western.
Ce matin, en parcourant les journaux, j'ai retrouvé cet article sur le Quotidien d'Oran, Kamel Daoud a eu la même réaction que moi. Je vous invite à le lire
| Citation |
La méthode western Kamel Daoud
Saddam sera pendu et pas fusillé. Il avait demandé à être exécuté comme un militaire mais il sera expédié comme un hors-la-loi de l’époque des westerns US. Au décor, il ne manque que les buissons secs, l’étoile du shérif, l’indien alcoolisé, le village champignon du youpie-land, la foule des fermiers poussiéreux, le Nevada et ses déserts à serpents. Mais manquent-ils vraiment ? Ne suffit-il pas de plisser les yeux pour replanter le décor, sinon son schéma mental américain ? Passons cependant. L’essentiel n’est pas dans la corde, ni dans le spectacle du pendu. Saddam était déjà condamné par lui-même avant même l’arrivée des Américains et il y a eu des milliers d’Arabes et d’Irakiens qui l’ont déjà pendu dans les rêves fous de leur rage d’impuissants. Saddam devait être jugé tôt ou tard. D’abord, pour crime contre les siens, pour meurtre, pour défaite mais aussi parce qu’il s’est fait passer pour cette version bande dessinée de l’Arabité cocasse. Pris au mot par son propre destin, il sera donc pendu au bout d’une corde après avoir été retrouvé dans un trou. Le Texas pend donc toujours les hors-la-loi et les Texans sont des gens de tradition. Justice donc a été faite ? Non ou tellement peu. Pour les Arabes de la télécommande et d’El Jazeera, le verdict contre Saddam est juste, mais il n’a pas été prononcé par la justice. Le procès devait avoir lieu tôt ou tard, mais qui va croire que ce tribunal a été indépendant dans un Irak qui ne l’est pas ? La fin de Saddam était attendue et même souhaitée, mais pas après la fin de l’Irak et sa dislocation. Saddam devait être jugé par les Irakiens, par les Arabes, dans un pays libre et à l’intérieur d’une véritable démocratie. C’est seulement ainsi que la « pendaison » de ce dictateur pouvait avoir le sens d’une page tournée, d’une fin d’époque et d’un signe de rupture avec le passé. Tout le monde sait, aujourd’hui, que si le juge est « irakien » quand il est autorisé à l’être, la corde est américaine et cela enlève, au procès et au verdict, tout caractère de « réparation ». En somme, pour l’Arabe moyen, il s’agit au mieux d’une injustice réparée par une plus grande injustice, et au pire d’une pendaison pour le même crime que commettent aujourd’hui les Américains et que paye Saddam parce qu’il est le vaincu. La conclusion ? Le procès de Saddam a été surtout un procès cahoteux, offrant à voir les ratés de la colonisation US et le ridicule d’une fin de régime arabe dans un trou de rat. Son verdict est déjà perçu comme un produit dérivé des élections législatives US. Quant au cadavre, il ne servira, à coup sûr, qu’à « justifier » d’autres violences dans ce pays que tout le monde assassine.
|
bsali
Lundi 06 Novembre 2006 09h12
bonjour mahri
tu m'as devancée mais moi j'allais insérer un sondage pour savoir qui était pour et ou contre cette pendaison
quoi que notre avis ne sert à absolument à rien
tout le monde sait que la corde est américaine, que ces juges ne sont irakiens que par le sang et non par les actes
je trouve cette condamnation dure pour un homme qui a été président
c'est un exemple qu'ils donnent pour tout autre président arabe qui oserait leur tenir tête
Mais je me demande qui alors jugera le trio assassin
ismael
Lundi 06 Novembre 2006 10h07
Après un renvoi de 40 jours, la suite du procès a été repoussée d'une semaine supplémentaire, en partie pour trouver des avocats pour la défense des prisonniers jugés en même temps que Saddam Hussein. Deux avocats ont été assassinés, un autre a été blessé tandis que d'autres ont été contraints de se cacher des escadrons de la mort à la solde du régime soutenu par les Etats Unis.
Si le juge qui préside le procès et les procureurs sont irakiens, le tribunal a été créé par les Américains et toutes ses opérations sont mises en scène dans les coulisses par des officiels américains.
Le principal accusé a dénoncé cet état des choses dans une déclaration faite à la Cour, affirmant qu'il avait été enchaîné pour être traîné jusqu'au quatrième étage par les agents de sécurité américains avant d'arriver sous escorte devant le tribunal. Les gardiens américains lui avaient également confisqué les documents qu'il avait préparés pour sa propre défense.
Quand le juge, Rizgar Mohammed Amin, a dit qu'il transmettrait aux officiels américains ses doléances, Hussein a répondu: " je ne vous demande pas de leur dire, je vous demande de leur donner des ordres...Vous êtes citoyen irakien. Ce sont des étrangers, des envahisseurs et des occupants, pour cette raison vous devez les condamner. Si vous ne le faites pas, vous n'êtes qu'un petit bateau ballotté au gré des vagues."
Cet étalage sans détour des relations qui existent dans le tribunal comme dans tout l'Irak occupé par les Américains a été très difficile à accepter par les contrôleurs américains. Ils ont ordonné à Court TV, la chaîne de télévision américaine engagée pour diffuser le procès, de suspendre la diffusion des images jusqu'à la fin du discours de Saddam Hussein et jusqu'à ce que celui ci soit retourné à sa place.
Les médias américains, ont comme un seul homme, adopté une politique d'auto censure dans la couverture de ce procès. Ils acceptent, dans leur presque totalité, ces procédures comme légitimes, et rejoignent l'administration Bush dans sa diabolisation de Saddam Hussein tout en ridiculisant les défis qu'il lance à la Cour.
La presse s'est montrée incapable de noter l'ironie évidente des accusations portées par Washington à l'encontre de son prisonnier. Saddam Hussein est jugé pour la mort de 148 adultes et adolescents dans le village de Dujail, à dominance chiite, suite à une tentative d'assassinat contre Hussein qui s'est produite en 1982, pendant la guerre Iran Irak.
Pour l'administration Bush, le faire passer en jugement pour ce crime assouvir en temps de guerre une vengeance mortelle contre une population rebelle met en évidence toute l'hypocrisie et toute l'absurdité de toute cette entreprise.
Pour quelle raison Bush n'est il pas dans le box des accusés pour répondre exactement du même crime ? Après tout, qu'était donc le siège barbare de Fallujah fait par l'armée américaine il y a tout juste un an ? Après la mort de quatre mercenaires américains dans cette ville, Fallujah fit l'objet de représailles sauvages.
Du napalm, du phosphore blanc, des bombes, de l'artillerie et des obus lancés par des tanks se sont abattus sur la ville, alors que des snipers avaient reçu l'ordre de tirer à vue. Ceci a causé la mort de 800 civils, pour la plupart des femmes et des enfants, tandis que des centaines de milliers d'habitants étaient contraints de fuir la ville pour chercher refuge. Des attaques similaires ont été menées au cours de ces derniers mois contre des populations habitant le long de la vallée de l' Euphrate.
Le parallèle évident entre la répression menée par le régime irakien et celle menée par les forces d'occupation américaines n'apparaît nulle part dans la presse américaine qui considère de tels faits comme inadmissibles, même si ils sont maintenant reconnus par le Premier Ministre irakien installé par Washington, Ayad Allawi, qui a déclaré dimanche dernier au journal britannique, The Observer, que la vague actuelle de torture et de meurtres perpétrés par les escadrons de la mort est "au moins identique à celle de la période de Saddam Hussein, sinon pire". Il a ajouté " C'est une comparaison tout à fait justifiée".
La parodie de légalité qui caractérise de la même manière les procédures du tribunal est tout autant passée sous silence.
Le mensonge consistant à présenter ce tribunal comme un tribunal irakien et qui règle les comptes entre un ancien dictateur et le peuple irakien est maintenu même si ce sont les "conseillers" américains qui déterminent l'ordre du jour des juges; Les services de sécurité américains contrôlent le prétoire, et les officiels américains ont la main sur les commandes pour effacer de la diffusion du procès tout ce qui peut aller à l'encontre de la propagande et la politique de Washington.
Les chefs d'accusation mêmes ont été choisis par Washington et par le régime irakien soutenu par les américains parce qu'ils cadrent avec leurs politiques respectives. Les massacres de Dujail étaient loin d'être les pires massacres menés par le régime de Saddam Hussein contre le peuple irakien. Mais ces massacres ont été perpétrés en réponse à des attaques venant de la guérilla du Parti Dawa dont est membre l'actuel Premier Ministre irakien, Ibrahim al Jaafari. Il est évident que le procès qui reprendra le mois prochain à la veille de l'ouverture des élections législatives vise essentiellement à mobiliser la base chiite de Dawa.
Aux yeux de Washington, l'épisode de Dujail présente aussi l'avantage de ne pas avoir de lien direct avec la politique étrangère des Etats Unis qui ont activement soutenu Saddam Hussein pour nombre des actes les plus violents menés par son régime Baathiste. On peut citer la liquidation de la gauche irakienne et l'exécution de membres du Parti Communiste en 1979, le soutien à l'invasion de l'Iran, puis l'utilisation par Bagdad d'armes chimiques (dont une partie avait été fournie par des agents américains et qui ont été utilisées contre l' armée iranienne mais également contre des populations civiles rebelles en Irak), et la répression des soulèvements chiites et kurdes le tout avec l'agrément de l'Administration Bush Senior aux lendemains de la Guerre du Golfe en 1991.
Ces crimes qui sont à présent invoqués pour justifier l'invasion en 2003 de l'Irak par les Etats Unis, n'ont aucunement empêché Washington de soutenir le régime de Saddam Hussein dans les années 80 et de soutenir tacitement sa survie en 1991.
Un tribunal illégitime
La contestation de Saddam Hussein et de ses avocats quant à la légitimité du tribunal est tout à fait fondée. Le tribunal a été créé par un décret établi par l'autorité d'occupation coloniale sous la direction de Paul Bremer en 2003. En cela, c'est une violation de la Convention de Genève qui interdit à toute puissance d'occupation de changer la législation des pays sous leur domination.
Le tribunal s'est contenté d'écarter les contestations concernant sa propre légitimité. Les juges irakiens, après tout, sont très mal placés pour prendre une décision sur cette question, étant donné que leurs décisions et leurs actions sont sous le contrôle de « conseillers » américains invisibles.
La qualité des dépositions et des preuves qui sont utilisées constitue une violation des codes législatifs internationaux ou de ceux des Etats Unis mêmes. Par exemple, au cours de la séance de lundi, le premier témoignage présenté à la Cour était l'enregistrement vidéo d'un ancien agent secret irakien sous le régime de Saddam Hussein et qui est depuis décédé. Aucun avocat de la défense n'avait été autorisé à assister à sa déposition et il est évident que maintenant tout contre interrogatoire est impossible.
Washington a insisté pour que Hussein et ses coaccusés soient jugés en Irak, malgré le fait que la guerre coloniale qui continue rend impossible un fonctionnement normal du tribunal. Les Etats Unis veulent à tout prix empêcher que Saddam Hussein et que ses coaccusés ne soient jugés par un tribunal international parce qu'ils ont conscience que des questions embarrassantes risquent d'être soulevées concernant l'invasion illégale de l'Irak en 2003 ou leur soutien à Saddam Hussein alors que celui ci commettaient les crimes dont il est maintenant accusé.
Il faut ajouter une autre raison. L'administration Bush est déterminée à faire pendre Saddam Hussein ainsi que d'autres membres du régime Baathiste alors que la peine de mort a été abolie par les tribunaux internationaux ainsi que par pratiquement tous les pays capitalistes avancés, mis à part les Etats Unis.
Ce procès avec sa condamnation et sa peine connus d'avance a été organisé en grande partie pour les Américains. Tout comme l'arrivée de Bush à bord de l'avion Lincoln afin de proclamer "mission accomplie" ou la mise en scène du déboulonnage de la statue de Saddam Hussein à Bagdad, le procès est destiné à servir de nouvelle image de propagande qui mettrait en valeur aux yeux du public américain l'idée du pouvoir omnipotent du militarisme américain.
Il a la même fonction que la parade des guerriers captifs enchaînés dans les rues de la Rome Antique. A cette époque tout comme de nos jours, il fallait démontrer l'incontestable pouvoir de l'empereur et des ses légions.
Ils ce disent civiliser
Le procès de Saddam Hussein est le reflet des délires maladifs des éléments d'extrême droite qui dominent à la Maison Blanche. La pendaison du chef irakien satisfait un désir sadique du président américain en personne qui, alors qu'il était gouverneur du Texas a présidé à 152 exécutions capitales. Le goût de Bush pour les meurtres d'Etat s'est exprimé de façon la plus écoeurante quand il a ridiculisé en public la demande de grâce d'une texane avant d'ordonner son exécution.
Aux yeux de la coterie qui a organisé la guerre contre l'Irak, le procès et l'exécution de Saddam Hussein sont des gestes de justification destinés à envoyer un message à tout chef d'état qui aurait le front de défier la politique étrangère de Washington et les intérêts économiques des Etats-Unis.
Tout comme l'invasion de l'Irak, les agressions contre les irakiens, la capture de dizaines de milliers de personnes sans chef d'accusation dans la « guerre mondiale contre le terrorisme », l'utilisation de prisons secrètes et de la torture, ce procès illégal est destiné à semer la terreur et à affirmer le pouvoir sans restriction de l'impérialisme américain à imposer sa propre loi pour infliger partout où elle l'estime nécessaire ses propres punitions.
Ce semblant de procès est finalement le reflet d'une société profondément malade dans laquelle une élite dirigeante indécemment fortunée et corrompue s'est tellement éloignée de la vie et des préoccupations de la masse de la classe ouvrière qu'elle en est venue à croire qu'il n'existe aucune limite à ses actes, qu'elle peut mentir, tricher, voler et tuer en toute impunité.
Néanmoins, tout comme les justifications mensongères que l'élite dirigeante au pouvoir et le gouvernement américains ont pu répandre sur la conquête de l'Irak, ce procès n'a pas les effets escomptés parce que les défis lancés à la Cour par les accusés éclipsent les crimes dont ils sont accusés.
La réaction des médias a montré une impatience grandissante. Les commentateurs de télévision tous plus écoeurants les uns que les autres se demandent tout haut pourquoi on ne peut pas tout simplement faire taire les accusés et continuer le procès. Il semble que tout le monde est d'accord pour se demander : pourquoi s'embarrasser d'un procès quand on peut lyncher les prisonniers sans que quiconque dans l'Irak occupé puisse intervenir ?
Ce procès mis en scène par les Américains comporte un effet dérivé inquiétant et inévitable. La politique étrangère des Etats-Unis ne peut fonctionner sans créer de nouveaux démons qui doivent être punis. Au fur et à mesure que le procès de Saddam Hussein se dirige vers une condamnation et une exécution de l'ancien chef d'état irakien, Washington se verra contraint de trouver un nouveau père fouettard pour faire peur au peuple américain et pour justifier une nouvelle série d'agressions militaires.
Qui sera la prochaine cible ? Le Syrien Bachar el' Assad, le Vénézuélien Hugo Chavez ou l'Iranien Mahmoud Ahmadinejad ? Il ne fait aucun doute que les préparations sont bien avancées pour des guerres d'agression contre tous ces pays, et que ces préparations font partie de la poussée impérialiste américaine visant à imposer l'hégémonie des Etats-Unis sur les marchés mondiaux, les sources de pétrole et sur les régions stratégiques du point de vue militaire.
ismael
Lundi 06 Novembre 2006 10h09
John Pilger*
* John Pilger a publié cet article le 27 août 2002 dans le quotidien anglais Daily Mirror. John Pilger est un journaliste qui a reçu un nombre important de prix. Il vient de publier aux éditions Verso un ouvrage intitulé «The New Rulers of the World». Son film sur la situation en Palestine passera le lundi 16 septembre sur la chaîne anglaise ITV1 à 23 heures (heure anglaise).
Le gouvernement Blair était informé, en janvier 2002, par les Américains qu'il n'existait pas de justification pour attaquer l'Irak au nom d'«une guerre contre le terrorisme». Les Américains indiquaient que leur but principal était d'écarter Saddam Hussein qui faisait obstacle au contrôle par l'Occident des richesses pétrolières du Moyen-Orient.
Cela explique partiellement pourquoi Blair a abandonné sa présentation devant le parlement britannique d'un fameux «dossier» dans lequel «les preuves de la détention par Saddam Hussein d'armes de destruction de masse sont simplement amples».
Ce dossier n'est rien d'autre qu'un amas d'affirmations réchauffées et trompeuses fournies par Washington. Selon des sources de renseignement crédibles provenant d'autres pays occidentaux, qui étaient dans le secret de ce type de communication, la CIA (Central Intelligence Agency) avait reconnu clairement qu'il n'y a «pas de preuves effectives» justifiant une attaque contre l'Irak.
Alors que Blair continuait de relancer sa propagande sur le thème l'Irak est une menace pour la région et pour ce que Blair désigne comme étant la «civilisation», la vérité était depuis longtemps devenue un secret de Polichinelle. Le 5 février 2002, le New York Timesindiquait: «La CIA ne dispose d'aucune preuve selon laquelle l'Irak s'est engagé dans des activités terroristes contre les Etats-Unis depuis au moins une décennie; et la CIA est aussi convaincue que le président Saddam Hussein n'a fourni aucune arme chimique ou biologique à Al-Qaida.»
http://www.alencontre.org/page/Irak-USA/irak04.html
samalger
Mercredi 08 Novembre 2006 01h32
saddam aurait tue parce qu'on avait tente de l'assassiner. olmert a detruit en un mois tout un pays parcequ'on lui aurait kidnappe trois militaires, et tue en moins d'une semaine soixante palestiniens, toujours a cause du rapt. faut il le juger, le condamner?
ismael
Mercredi 08 Novembre 2006 11h41
Et bien pas qu'omellette bien d'autres mais ils seront juger et ailleures je n'en doute pas et leures jugement sera pire que celui des humains.