La france n’est pas une démocratie lundi 3 juillet 2006
Pourquoi j’ai décidé d’être candidat aux présidentielles Par Rachid NEKKAZ, sa biographie Quand 414 députés disent OUI à une Proposition de loi d’un citoyen, et que le gouvernement dit NON...
Après le choc du 21 avril 2002, j’ai été, comme beaucoup de Français, secoué par la présence du Front national au deuxième tour de l’élection présidentielle. J’ai été encore plus marqué par le très fort taux d’abstention des Français à ces élections : 14 millions de nos concitoyens sur 41 millions d’inscrits ont décidé de ne pas voter.
Sitôt le deuxième tour passé, j’ai décidé avec des amis, Leïla Hirêche, jeune architecte, et Jean-Bruno Roumegoux, éditeur de calendriers, de comprendre, d’étudier pourquoi 14 millions de Français avaient décidé de ne pas voter. Assez vite, en allant sur le terrain, en étudiant les rares petites enquêtes existantes, nous avons découvert les trois principales causes qui expliquent la montée en flèche de l’abstention dans notre pays. La première est que les Français ne croient plus en la capacité des politiques, de droite comme de gauche, à améliorer leur quotidien. La deuxième raison est la fin de la confiance des citoyens à l’égard des politiques, jugés égoïstes et roulant juste pour leur bosse. Enfin, la troisième principale raison invoquée est tout simplement un désintérêt des Français à l’égard de la politique ; cette troisième raison est en fin de compte la combinaison de la première et de la deuxième.
Au-delà de ces raisons et du chiffre astronomique des 14 millions de Français qui n’ont pas voté, ce qui nous a le plus surpris au cours de cette enquête qui a duré neuf mois, c’est la découverte d’un nombre considérable de Français qui n’étaient mêmes pas inscrits sur les listes électorales. En poursuivant notre étude, nous avons découvert des choses étonnantes : sur les 3,2 millions de Français non inscrits, 500 000 sont des cadres. Pourquoi ? Tout simplement parce que les cadres déménagent beaucoup, et évidemment très peu pensent à aller en Mairie pour se réinscrire. Car il faut savoir que dès lors que vous déménagez, vous êtes automatiquement radiés des listes électorales de votre commune de départ. En plus de ces 500 000 cadres, un million des non-inscrits vivent dans les quartiers populaires, où la confiance envers politiques est presque nulle. Les autres 1,7 millions de Français non inscrits font partie de cette classe moyenne qui a l’impression de constituer les oubliés du système social. De fait, cette classe moyenne est la première victime du Trésor public qui voit en elle l’essentiel des sources d’imposition.
Sitôt cette découverte faite, nous avons épluché le Code électoral pour connaître l’état de la législation sur la question : une loi du 10 novembre 1997 inscrit d’office les jeunes qui accèdent à la majorité, mais les députés de l’époque ont complètement oublié de se soucier des millions de Français ayant plus de 18 ans au moment de la loi, et qui, de fait, ne pouvaient pas bénéficier de son application.
Forts de ces éléments, nous avons décidé de formuler une proposition de loi afin non seulement d’inscrire automatiquement les 3,2 millions de Français non encore inscrits sur les listes électorales, mais aussi et surtout d’assurer un suivi automatique des inscriptions sur ces mêmes listes électorales pour celles et ceux qui déménagent chaque année ; ils sont en effet 2,5 millions à déménager tous les ans.
Contents d’avoir préparé cette proposition de loi, il fallait alors la déposer à l’Assemblée. Surprise ! Aucun citoyen ne peut déposer une proposition de loi. Seuls les députés ou sénateurs sont autorisés à le faire, en vertu de la Constitution ; on s’empresse alors d’étudier le profil des parlementaires susceptibles d’être intéressés. On prend rendez-vous avec des députés de gauche, du centre et de droite. L’accueil est plutôt chaleureux. Le 12 mars 2003, trois propositions de loi sont dès lors déposées à l’Assemblée nationale par trois députés, de l’UDF (Jean-Christophe Lagarde), de l’UMP (Lionnel Luca) et du PS (Jean-Pierre Dufau). Nous tenions beaucoup à ce que cette proposition de loi soit consensuelle, au-delà des clivages droite/gauche.
Et là commence le marathon pour rassembler le plus grand nombre de soutiens possible de parlementaires et d’élus afin d’obtenir la majorité à l’Assemblée nationale. 24 mois durant, nous arpenterons les marches de l’Assemblée nationale pour convaincre les députés de la nécessité de soutenir cette proposition. 24 mois durant, nous sillonnerons les routes de France, des plus petits villages aux plus grandes villes, expliquant à nos élus le pourquoi et l’importance de cette loi. 230 parlementaires et plus de 900 maires seront rencontrés. Au total, 414 députés, soit 72% des membres de l’Assemblée nationale, et 2417 maires de toutes tendances politiques confondues accepteront de nous apporter leur soutien écrit et tamponné à cette proposition de loi visant à inscrire automatiquement tous les citoyens français sur les listes électorales. Nous décidons même de créer un Club d’élus, « Allez France », pour appuyer nos efforts. Précision : nous n’avons jamais adhéré à un parti politique.
Evidemment, avec une majorité aussi écrasante de soutiens de nos députés, nous avons crié victoire, et nous étions heureux d’avoir réussi à atteindre cet objectif. Erreur. Trois ans après avoir réussi à faire déposer la proposition de loi, non seulement le président de l’Assemblée nationale refuse toujours de la mettre en discussion à l’Assemblée (malgré 17 courriers), non seulement aucun rapporteur n’a été désigné pour étudier cette proposition de loi, et ceci en totale infraction à l’article 86 du Règlement de l’Assemblée nationale, mais le gouvernement, Messieurs Jean-Pierre Raffarin et Dominique de Villepin (rencontré à trois reprises) et les ministres de l’Intérieur successifs ont toujours fait silence.
Malgré tous ces blocages, nous organiserons quatre conférences de presse entre 2003 et 2005 au sein même de l’Assemblée nationale, en présence de députés de gauche, de droite et du centre pour, d’une part, lancer ensemble un appel au président de l’Assemblée nationale et au Premier ministre et, d’autre part, leur demander de mettre cette proposition de loi à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale. En vain.
Question :
à quoi sert d’avoir le soutien de 414 députés si au bout du compte, ces derniers ne décident de rien ? Eh bien, il faut savoir que le gouvernement décide à 95% de ce qui doit être discuté ou pas à l’Assemblée nationale.
Nos chers députés, de bonne volonté pour la plupart, qui depuis mai 2002 ont déposé 2900 propositions de loi, font de la figuration. A peine 6 propositions de loi sur 2900 ont été autorisées par le gouvernement pour être discutées. Malheureusement, nos députés sont juste une chambre d’enregistrement des projets de loi du gouvernement (Article 41 de la Constitution du 4 octobre 1958).
Quelle est la morale de l’histoire ?
Que la France est évidemment un pays de liberté, car on peut dire ce qu’on veut, ou presque. Mais la France n’est pas un pays de démocratie, au sens où un citoyen peut agir sur la politique de son pays, notamment en formulant des propositions de loi. Et pourtant, l’article 6 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, laquelle est inscrite en préambule de la Constitution du 4 octobre 1958, stipule très clairement que tout citoyen a le droit de concourir directement ou indirectement, par le biais de ses représentants (députés), à la formation de la loi. C’est ce que nous avons essayé de faire.
De fait, aujourd’hui, cet article 6, qui est le fondement essentiel de nos droits politiques de citoyens pour être acteurs dans notre République, n’est pas respecté. Par conséquent, nous n’avons en réalité aucun pouvoir en France en tant que citoyen. Nous avons juste celui de déposer un bulletin de vote dans une urne, à une fréquence prévue par l’organisation des différentes élections auxquelles refusent de participer 17,2 millions de nos concitoyens (14 millions d’inscrits + 3, 2 millions de non-inscrits). Forts de cette expérience et de nos déboires de citoyens, que faire ?
Pour que ce combat ne soit pas vain, et pour que le mot démocratie garde encore tout son sens, je n’ai pas d’autre choix que de m’adresser directement à vous, à tous les citoyens (le gouvernement faisant barrage) pour défendre les principes et les valeurs qui nous animent toutes et tous.
Je me présente aux élections présidentielles.
hibou
Mardi 04 Juillet 2006 21h10
Shyrine, c'est de toi cet article ? 9olli...
Dommage que la constitution Européenne ne soit pas passé, parce que une Europe qui fait justice, aurait été bien utile avoir de bonnes chances de condamner l'état français pour le non-respect de son propre droit (mais c'est bien connu que le droit n'est pas le même pour tous le monde, et encore moins pour ceux/celles qui le font).
Pour rétablire la démocratie au présidentielle et autres elections ? Une chose toute simple : faire un tirage au sort parmis la population. Si personne n'en veut, ce n'est surement pas à cause du problème des compétence (d'autant que pour certain-e-s, s'ils/elles étaient payer à rien faire, on ne s'en porterait finalement que mieux)... c'est surtout qu'un tirage au sort pourrait effectivement nous amené rachid ou rachida à des poste à responsabilité... mais pas seulement.. ce pourrait être aussi mon voisin boiteux, ou la vielle bernadette de la rue voisine, ou la « tantouse du quartier » (amicalement).
Le problème est que si on a une femme, certains hommes ne seront pas content, si on à un homme, certaines femmes ne seront pas contentes, si on à un rachid, les fromages trop fière d'être blanc ne seront pas content, si on à un homo, certains rachid et certain-e-s fromages ne seront pas content(e)s, si on a une vieille, les jeunes ne seront pas content, si on a un jeune, les vieux ne seront pas content.
Moralité : tous ça ne tient en place que quand c'est écrasé... raison pourlaquelle on préfère les pourri-e-s quand on veut mettre de l'ordre.
Quand pensera t-on enfin à restaurer l'esprit, la méditation et la morale ?
heuuuu... si je dis des conneries, dites le
Bon, Shyrine, je veux trop bien avoir de tes nouvelles, surtout si c'est toi qui a écrit ça ... et si c'est pas toi, beh merci quand même de nous l'avoir poster
Leela
Mardi 04 Juillet 2006 21h38
La démarche de Rachid NEKKAZ est très intéressante, Syrine, et cela donne à réfléchir...
Cela illustre bien le principe:
La tyrannie, c'est: "ferme ta gueule", et la démocratie : "cause toujours !"
Siryne
Mercredi 05 Juillet 2006 10h54
Salem Hibou .
Non il n'est pas de moi l'article , c'est la biographie de Mr Rachid ! hihi
Sinon , je te rassure tu dis pas des conneries , c'est meme poètiques . hihi
Sinon , de rien , c'etait avec plaisir de partager cet article .
Siryne
Mercredi 05 Juillet 2006 11h09
Salem Ify .
Justement , il y'avait un article tres interessant de madame Mitterant sur la démocratie en france , ou elle disait "aucune démocratie n'existe en france "
Sinon , moi aussi je trouve tres interessant la demarche Rachid Nekkaz , et c'est dommage car tout le temps qu'il a passé à etudier le pourquoi et à convaincre des hommes politiques , et d'etre deçu arriver presque au but , là ou ça devait etre en temps normal "facile" .
Mais , il a l'air tres tenace et surtout tres motivé , souhaitons lui de reussir ou un bon miracle . hihi
hibou
Mercredi 05 Juillet 2006 14h22
Le plus grand miracle sera peut-être moins spectaculaire : celui de reveiller les consciences. Parce qu'il pourrait être président sans jamais y arriver... Oublions les présidents et compagnie, et pensons à nos actes quotidiens... ceux de tous les jours. Alors souhaitons à Rachid N. de d'être reconnu comme guide spirituel!! (et souhaitons qu'il ne prêche pas dans le desert)
Ozan
Vendredi 07 Juillet 2006 07h51
La démocratie est la seule façon de gouverner qui laisse croire au peuple qu'il a quelque chose à dire
méditez là-dessus
ernst
Cromagnon
Vendredi 07 Juillet 2006 08h32
Ify, tu vas loin, la tyranie, c'est pas fermes ta gueule, on te la fait fermer en te torturant , en te tuant. Quant à la démocratie, c'est le fait de laisser quelqu'un comme siryne exprimer sa façon de penser, sans représailles. Syrine, penses tu que de tels écrits contre ton gouvernement sont possible dans ton pays ?
Leela
Vendredi 07 Juillet 2006 09h34
Citation (RireUnPeu @ vendredi 07 juillet 2006 à 08:30)
Ify, tu vas loin, la tyranie, c'est pas fermes ta gueule, on te la fait fermer en te torturant , en te tuant. Quant à la démocratie, c'est le fait de laisser quelqu'un comme siryne exprimer sa façon de penser, sans représailles.
Tu as raison, évidemment. Je trouve qu'avoir cette liberté d'expression est déjà un acquit énorme, immense, dont on ne réalise pas la valeur quand on n'a pas connu autre chose.
Siryne
Samedi 08 Juillet 2006 10h50
Rire un peu .
De quel gouvernement et de quel pays tu parle ?
A te lire , tout ceux qui ne s'appele pas jean ou martine ont un autre pays , donc je comprends que l'article t'a choqué parceque ça vient d'un Rachid !
Comprends une chose , que tout les gouvernements du monde c'est du pareil au meme , ils te laisse une liberté de parole limitée , juste pour ne pas pousser le peuple à la revolte , pour leurs paix à eux personnelle .
Sinon pour la democrati , tu devrais lire cet article pour mieux comprendre ! hihi
_____________________________________________
Danielle Mitterrand : "La démocratie n’existe ni aux USA, ni en France"
Ce qui suit est un extrait tiré à part de l’entrevue, parue dans « Rebelion », de Danielle Mitterrand, veuve de l’ex-président français François Mitterrand, et présidente de l’association « France-Libertés », réalisée par le journaliste et écrivain Hernando Calvo Ospina. À sa lecture il est facile de comprendre pourquoi, et ce depuis plusieurs années, les médias politiques et d’informations dans leur grande majorité ont essayé de l’ignorer. *
Mme. Mitterrand, qu’a signifié pour vous l’arrivée au gouvernement de votre époux François ? Est-ce que les idéaux sociaux et politiques qu’il portait dès sa jeunesse ont été reconnus en ces moments-là ?
Mai 1981 fut un mois de grande activité, car c’était la préparation de l’arrivée au pouvoir de François. J’essayais d’apporter tout ce qu’il y a de meilleur en moi, pour que ces rêves d’avoir une société socialiste, quoique à l’européenne, deviennent réalité. Mais bien vite j’ai commencé à voir que cette France juste et équitable ne pouvait pas s’établir. Alors je lui demandais à François : Pourquoi maintenant que tu en as le pouvoir ne fais-tu pas ce que tu avais offert ? Il me répondait qu’il n’avait pas le pouvoir d’affronter la Banque mondiale, le capitalisme, le néolibéralisme. Qu’il avait gagné un gouvernement mais non pas le pouvoir. J’appris ainsi que d’être le gouvernement, être président, ne sert pas à grand-chose dans ces sociétés sujettes, soumises au capitalisme. J’ai vécu l’expérience directement durant 14 ans. Même s’il essayait d’éviter le côté le plus négatif du capitalisme, les rêves ont commencé à se briser très rapidement.
Vous n’avez pas assumé le rôle de « première dame » comme l’« exige » la tradition protocolaire. Était-ce un simple caprice ? Ou à cause de convictions politiques ?
Je n’ai pas voulu être une « première dame » comme toutes les autres, et en conséquence j’ai refusé le protocole qu’on a voulu m’imposer. J’étais l’épouse du chef de l’État, d’un homme que j’aimais, mais j’étais aussi libre d’avoir mes propres convictions. Je n’allais pas accepter d’être la simple image de la femme française typique, représentative d’un secteur social ; de sourire devant les caméras et les personnalités ; ou de servir d’ornement aux oeuvres de bénéfices. Avant tout, mon rôle devait consister en mon apport pour la construction d’une société juste. J’ai eu mes critères et mes réflexions politiques, qui ont parfois fait choc avec celles de François. Si le gouvernement n’allait pas sur une bonne voie, je me devais de le dire, de le critiquer. Je sais que ce n’est pas le rôle d’une « première dame », car normalement elles ne sont qu’un instrument du pouvoir. Chaque fois que les autres ont voulu s’opposer à mes tâches militantes pour des « raisons d’État », pour n’être pas « diplomatiquement correctes », François m’a soutenue car il voyait qu’elles étaient justes. Il ne pouvait essayer de m’empêcher de faire ce qu’il disait défendre.
Mme. Mitterrand, vous avez fondé « France-Libertés », qui s’est distinguée par son engagement politique, social et humanitaire...
Je l’ai fondée non pas dans l’intention d’en faire un contre-pouvoir, ni pour qu’elle serve au pouvoir. Je voulais prendre mes propres initiatives de solidarité politique, indépendantes des desseins du pouvoir, même si je m’attendais qu’avec le gouvernement socialiste nous aurions des objectifs proches. Mais je me suis vite rendu compte que ce ne serait pas facile. Est arrivé le moment où « France-Libertés » voulait aider des populations opprimées, mais le gouvernement socialiste français soutenait d’une manière ou d’une autre leurs bourreaux. Rapidement j’ai dû me poser la question : Jusqu’où peut-on aller sans provoquer d’ « incidents diplomatiques » ? Dans l’Association s’est présenté pour nous un questionnement qui ne m’a pas du tout plu : sa présidente, épouse du président de la République, devait-elle respecter la sacro-sainte loi de non-ingérence dans les affaires de l’État, et se priver ainsi de son droit à la solidarité politique et humanitaire, pour ne pas aller à contre-courant ? J’ai continué avec mon projet car je le croyais juste. Alors, même de vieux amis personnels et de lutte ont commencé à m’isoler. Tout le pouvoir et le poids de la diplomatie française ont tenté de m’écraser, usant de tout pour « réparer » mes actions et mes expressions politiques publiques. J’ai constaté que je ne pouvais pas exercer ma fonction de manière exemplaire si je ne servais pas le marché, le capitalisme. Que mon devoir n’était pas de me préoccuper des torturés ni des affamés. Que si ceux qui étaient écrasés réclamaient l’éducation, la santé ou du travail, je devais tourner la tête de l’autre côté. J’étais la « première dame » et je devais aider, avec mes sourires dans les cocktails, à ce que les intérêts commerciaux de la France progressent. Quand j’écoutais au cours de mes visites aux ambassades les discours du « commercialement correct », où le tout-puissant marché était ce qu’il y avait de fondamental avant la solidarité entre les peuples, cela me donnait l’envie de partir en courant. Je ne pouvais croire que les « bulldozers » du marché pourraient arriver à recouvrir jusqu’aux fondements mêmes de notre culture. Et ils l’ont fait.
Pourquoi un gouvernement qui se disait de gauche ne pouvait-il pas répondre aux attentes qu’il avait créées durant tant d’années dans l’opposition, tant au niveau national qu’international ? Devait-on accepter les impératifs d’un système mercantile jusqu’à la soumission ?
Ce système du marché sauvage, du capitalisme, du néolibéralisme, a à sa tête les États-Unis. Est-ce que la France se soumettait aux desseins de ce pays ?
Durant la célébration du Bicentenaire de la Déclaration des droits de l’Homme - juillet 1989 - j’ai pu voir jusqu’à quel point nous étions soumis aux État-Unis. L’État français n’invita pas plusieurs dignitaires, en particulier des Latino-Américains. Comme par hasard c’était ces pays-là que Washington voulait annuler, détruire. Et je ne vais pas citer de noms, mais c’est facile à vérifier. Je me rappelle avoir dit à François : « Jusqu’à quel point allons-nous être dépendants de l’humeur des États-Unis, ne pas pouvoir choisir nos invités pour nos festivités... ? » Ce fut une honte.
Mme. Mitterrand, si cela arrive en France, vous devez bien savoir ce qu’il en est sous d’autres latitudes...
Je ne suis pas anti-États-Unis, mais je suis avec le peuple de ce pays et non pas avec l’Administration qui le gouverne. Celle qui se sert de ce peuple pour tirer des bénéfices qui servent à quelques uns. Durant toutes ces années de ma vie, spécialement après la Seconde Guerre mondiale, j’ai pu voir comment les États-Unis foulaient aux pieds la liberté et la démocratie des autres pays, particulièrement les pauvres. Ronald Reagan désigna comme terroriste le gouvernement sandiniste du Nicaragua, quand les terroristes, c’était son Administration et cette « contra » qu’il finançait. J’étais au Nicaragua peu de temps avant qu’ils détruisent la révolution. Fonctionnait encore ce qui avait été atteint au niveau de l’éducation et de la santé, des choses qu’avait le peuple nicaraguayen pour la première fois de son histoire. Je me rappelle que Daniel Ortega me disait : « Daniella, dis à François qu’il ne peut pas nous laisser tomber ; que l’Europe démocratique ne peut pas nous abandonner... ». Je le lui ai dit en effet. Et il n’a pu rien faire : les États-Unis avaient décidé que les sandinistes devaient s’en aller avec leurs plans de développement social, pour faire place au néolibéralisme et au retour de la misère pour le peuple. Tandis que nous, nous étions en train de fêter le Bicentenaire de la Déclaration des droits de l’Homme !
Au cours de ces mêmes années Washington resserrait le blocus contre Cuba, essayant d’en finir avec la Révolution.
Le Nicaragua ne pouvait compter que sur Cuba. Et Cuba aussi était en train d’être étranglée par l’embargo des États-Unis, qui continue jusqu’à présent et qui n’a eu d’autre but que celui d’en finir avec tout ce qu’il y a de merveilleux que cette Révolution a réalisé au niveau social : quelque chose d’unique en Amérique latine ; presque unique dans un pays du Tiers-Monde. Quand en 1989 Cuba se trouvait déjà seule face à Washington, car elle n’avait plus l’appui de l’Union soviétique, je m’y suis rendue. À mon retour j’ai dit à François : « Tu ne peux pas laisser tomber Cuba. Cette Révolution a beaucoup fait pour le peuple. La France ne peut être soumise aux États-Unis. » Il me disait que la France toute seule ne pouvait pas, et qu’en Europe personne ne la suivrait. Que les États-Unis détenaient tout le pouvoir économique, politique et de la propagande, en plus des contre-révolutionnaires de Miami. Je continue aujourd’hui à dire que cette révolution a mérité de se maintenir, car elle l’a fait et c’est le peuple qui la maintient. Par conséquent les États-Unis n’ont pas pu la faire plier. Je connais Fidel depuis très longtemps. J’ai passé beaucoup d’heures à discuter avec lui, à nous dire ce que nous pensons. Je lui ai fait part de toutes les critiques que j’ai au niveau politique. Une fois je lui ai demandé pourquoi il me supportait. Et il m’a répondu : « Parce que tu es une amie sincère. Et les critiques des amis on les écoute parce qu’elles sont honnêtes, même si nous ne sommes pas d’accord sur certaines choses. » La dernière fois qu’avec François nous avons reçu officiellement Fidel à Paris, en le saluant je l’ai embrassé publiquement sur la joue. Ce qu’ « interdit » le protocole et les « politiquement corrects ». Mais c’est que non seulement Fidel était notre ami, mais aussi qu’il est latin, et les Latins sont tendres. Ce fut un scandale que la presse me rappelle encore.
Que pense Mme Mitterrand du président vénézuélien Hugo Chávez et des projets nationaux qu’il essaie de lancer ?
Je n’ai jamais aimé les militaires. Mais Chávez, avant d’être un militaire est un homme, un être humain, et il est arrivé au pouvoir par la voie démocratique, et au point de gagner plusieurs élections. Chávez, au milieu de tous les obstacles que mettent sur son chemin les États-Unis et l’opposition dirigée par les riches, tente de faire avancer les programmes sociaux qu’il a offerts au peuple. Évidemment, le monde capitaliste lui est tombé dessus car il ne veut pas qu’un président du Tiers-Monde démontre que le peuple peut effectivement participer aux décisions de l’État et à son développement. Que ce peuple, avec son leader, marche de l’avant pour ne plus être exploité, ni être analphabète et avoir droit à la santé. C’est ce qui se passe au Venezuela malgré tout. À cause de cela ils veulent éliminer, effacer Chávez. Peu leur importe si c’est le peuple qui l’a élu, et qui doit décider s’il doit le soutenir ou l’enlever de là. Il existe une espèce de rage de la grande majorité de la presse mondiale contre Cuba et le Venezuela. Et c’est parce que ces gouvernements veulent être indépendants, souverains, dignes. Cela dérange. N’oubliez pas que les médias sont dirigés par de puissants capitalistes
Mme Mitterrand, est-ce que la France est un modèle de démocratie ? Est-ce une puissance mondiale ?
En France on élit et les élus font des lois qu’ils n’ont jamais proposées et dont nous n’avons jamais voulu. Est-ce la démocratie quand après avoir voté nous n’ayons pas la possibilité d’avoir de l’influence sur les élus ? Je ne crois pas que dans aucun des pays qui se disent démocratiques, ceux-là qui croient avoir le droit d’imposer « leur » démocratie aux pays pauvres, il existe la démocratie, à commencer par les États-Unis et la France. La France est une démocratie ? Une puissance mondiale ? Je le dis en tant que Française : Cela ne veut rien dire. Si on le dit pour les niveaux d’éducation, de la recherche ou la santé, c’est nul. Pour être capables d’aider la paix mondiale, les peuples opprimés ? Nul.
(Traduit par Abacar Fall de l’espagnol. Tiré de Rebelión, novembre 2005)
" Danielle Mitterrand : "La démocratie n’existe ni aux USA, ni en France" "
Hernando Calvo Ospina
Cromagnon
Samedi 08 Juillet 2006 16h42
Siryne, au lieu de chercher des écrits sur le net, de telle ou telle personnes, tu ferais bien mieux d'exprimer tes propres idées. Proposes donc un modèle de gouvernement différent, meilleur. La critique est facile, l'art est difficile.
L'utopie n'est plus de mise, et ne l'a jamais été. Tes écrits ne font qu'incriminer la démocratie française, et tu cherches à te rattraper en généralisant au monde entier.
Tes allusions à Martine ou Jean ne me surprennent pas et dénotent tout à fait, l'art et la manière de faire de ceux qui se retranchent derrière leurs dernières défenses.
Qui crois tu duper ici sur tes intentions profondes ?
Siryne
Samedi 08 Juillet 2006 17h50
Rire un peu .
En quoi ça te derange l'article ici present ?
Bizare , que tu monte sur tes grands cheveaux pour un simple article qui denonce une fausse democratie , qui malgré tes bonnes motivations toute porte reste fermer tant que ces representants de cette "democratie" ne l'ouvre pas .
Toi au lieu d'ouvrire le debat sur ce sujet , tu ne fais que l'eloigner en me critiquant moi !!!
En plus , tu m'accuse de duperie !!!
Puisque tu te prends pour dame soleil , vas'y etale toi à decrire "mes intentions profondes" !!!
C'est quoi ton probleme au juste , l'article ou moi ?
rhamsaleff
Samedi 16 Septembre 2006 12h38
bjour a tous je trouve le premier article très interessant et entièrement vrai, on est libre de penser ce que l'on veut mais dès que l'on veut agir.c un grand combat ne serait ce que pour être écouté! il ya un film un peu simplet ais qui montre bien le problème pour un citoyen d'être écouté par le gouvernement ,"la vache et le président" !
je ne comprend pas l'attitude de rire un peu qui parle des extrèmes de la dictature et de la démocratie, ce n'est pas parce que lon est ^pas torturé qu'on est libre ?
C'est une version 'bas débit' de notre forum. Pour voir la version complète avec plus d'information, la mise en page et les images, veuillez cliquez ici.