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L'affaire des réfugiés soudanais qui ont été évacués par la force dans la nuit du 29 au 30 décembre dernier, et qui a fait 65 morts et 102 blessés, n'est pas close. Ses répercussions se font ressentir à tous les niveaux. En Egypte, le ministre de l'Intérieur, Habib Al-Adeli, a affirmé qu'à la suite de ces incidents, chacun des cas de ces Soudanais a été étudié à part. " Ceux qui avaient la carte jaune, leur permettant de séjourner en Egypte, ont été immédiatement libérés, alors que ceux qui étaient entrés en Egypte de façon illégale ont été extradés vers le Soudan ", a affirmé le ministre de l'Intérieur. Et d'ajouter : " Nous attendons maintenant les rapports du HCR (Haut-Commissariat aux Réfugiés) concernant 640 cas qui n'ont pas de carte jaune et qui ne font pas partie des réfugiés ". Pour sa part, le HCR ne s'est pas encore prononcé sur ces 640 cas. " Nous avons demandé un délai des autorités égyptiennes pour vérifier leur statut et voir si ces personnes ont besoin de bénéficier d'une protection internationale ", a déclaré Stort Van Genderen, porte-parole du HCR. En attendant que leur statut soit déterminé, ces Soudanais sont dans la prison de Qanater Al-Khaïriya, pour ce qui est des femmes, alors que les hommes sont aux prisons de Tora et d'Abou-Zaabal.

Toutefois, il semble que la police égyptienne a bien compris la leçon. En fait, quelques jours après les incidents de la place Moustapha Mahmoud, un autre sit-in a été organisé par 1 000 Soudanais à l'église du Sacré-Cœur, au centre du Caire, pour protester contre la façon dont l'Egypte a traité les réfugiés. Les forces de l'ordre ont donc intervenu et évacué ce sit-in sans bruit.

C'est le sort des Egyptiens résidant au Soudan qui semble aujourd'hui incertain. En fait, le gouvernement du Sud-Soudan a renvoyé la communauté égyptienne résidant au sud, notamment dans les régions de Juba et Mikaal, pour le moment vers Khartoum " pour garantir leur sécurité ". D'après le ministre soudanais des Affaires étrangères, cette décision est provisoire jusqu'à ce que l'opinion publique soudanaise se calme. Il a ajouté qu'il n'y avait aucune politique hostile à l'Egypte et que ces mesures avaient uniquement pour but de protéger les ressortissants égyptiens.