Paris accueille le 13 juillet le sommet inaugural de l’Union pour la Méditerranée. Mais la structure un peu floue de l’initiative de Nicolas Sarkozy ne cesse de soulever des critiques et autant dans le Nord que dans le Sud.

La proposition nébuleuse de Nicolas Sarkozy ne fait pas ainsi exception. Le président français commençait à peine à faire ses pas à l’Élysée mais, à la surprise de tous, promet de « bâtir une Union méditerranéenne ». Un projet censé s’épanouir sur les cendres de l’Euromed, également appelé le processus de Barcelone (lire encadré page 4). Un partenariat fondé il y a une douzaine d’années. On était au lendemain de la guerre du Golfe et dans la foulée des accord d’Oslo, l’Europe éprouvait un besoin de sécurité et les Arabes développaient un besoin fondamental de développement. Un partenariat qui se voulait durable et solide voit le jour entre 15 pays européens et 12 pays de la rive Est et Sud de la Méditerranée.

Les titres étaient grandioses avec des volets politique, économique et culturel. Mais les résultats étaient décevants. Si plus de 50 % du commerce de la région se fait avec l’Union européenne qui est le premier bailleur de fonds dans le sud de la Méditerranée, on reste encore au niveau symbolique lorsqu’on parle de partenariat. Au lieu de complémentarité, on est toujours sur le niveau concurrence. Pire encore, l’Europe a opté pour une politique plutôt sécuritaire à l’égard de ses partenaires sud. Le tout a été tacheté par un contexte politique plutôt défavorable. La région est synonyme de conflits, qui n’est pas uniquement celui entre Arabes et Israéliens. De quoi pousser l’Europe a prendre de nouveau l’initiative et proposer une nouvelle politique de voisinage. Puis ce fut la tentative de donner de l’élan à un processus en chute en créant « un cercle amical » ! La sécurité reste pourtant l’élément mobilisateur.