Hier, dans un discours prononcé à l'occasion du 52e anniversaire de l'indépendance de la Tunisie, le président tunisien Zine El Abidine Ben Ali a annoncé un projet d'amendement de la Constitution destiné, selon lui, à assouplir les conditions de candidature des dirigeants de l'opposition à l'élection présidentielle prévue en novembre 2009, mais qui en exclut de fait l'un des dirigeants de l'opposition les plus en vue, Me Néjib Chebbi.

Cet avocat de 61 ans, s'était désisté de la tête de son parti en 2006 en faveur de Mme Maya Jribi, qui, elle, pourra être candidate.

"Je suis désolé par cette décision que je considère anti-démocratique, infondée en droit et qui vise à m'exclure personnellement", a-t-il déclaré à l'Associated Press.

Le projet de réforme pose cependant de nouvelles conditions que devra remplir le candidat. Il devra être "président, secrétaire général ou premier secrétaire de son parti, avoir été élu à ce poste et, au moment du dépôt de la demande de candidature, être en exercice depuis au moins deux années consécutives".

Le nouvel amendement de la Constitution ouvrira la voie à la candidature de la plupart des huit partis de l'opposition légale en Tunisie, aux côtés de l'actuel chef de l'Etat que le parti au pouvoir, le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), appelle à briguer un cinquième mandat.

En 2004, M. Ben Ali, qui est au pouvoir depuis plus de 20 ans, avait été réélu avec 94,4% des voix face à trois candidats de l'opposition.

Le président tunisien a par ailleurs appelé son parti à porter le nombre des femmes aux élections législatives, qui auront lieu en même temps que la présidentielle, à au moins 30% des candidats. (source : AP)