Guerre du Liban
Le Liban connaît une situation de tension politique depuis 1943, en raison de la division du pouvoir entre chrétiens et musulmans, tension accentuée par la présence dans le pays de 250.000 réfugiés palestiniens, vivant dans leur propre Etat, à l'intérieur d'un autre Etat, sous la domination de l'Organisation de Libération de la Palestine (OLP). En mars 1975, les affrontements entre les chrétiens et les musulmans éclatent à Tripoli et se propagent à Beyrouth dès le mois d'avril. Le 15 mai, suite à la démission du gouvernement de Rashid Solh, le président Franjié désigne un gouvernement militaire, placé sous la direction du général Rifai, mais ce gouvernement ne dure que trois jours. Le 30 juin, Rashid Karamé forme un gouvernement, mais ne peut mettre un terme aux affrontements, qui ne font que s'intensifier lorsque l'OLP tente de prendre le contrôle de Beyrouth. Les Phalanges, forces chrétiennes, attaquent des camps de réfugiés palestiniens, et l'OLP détruit plusieurs villes chrétiennes. Après un bref cessez-le-feu, les hostilités reprennent. L'armée syrienne occupe la Vallée de la Beqaa, face à la résistance palestinienne. Le 21 octobre, le 56e cessez-le-feu est imposé. Les Forces de dissuasion arabes, composées principalement de troupes syriennes, assurent le retour à l'ordre dans le pays. Cette phase de la guerre fait 45.000 morts, 100.000 blessés. Quelque 350.000 Libanais choisissent la voie de l'exil. Le conflit renaît en février 1977 et oppose les forces libanaises (en fait, les Phalangistes, qui n'ont aucun lien avec l'armée nationale) et les Palestiniens, dans le sud du pays. Israël soutient les chrétiens. Le 16 mars, l'assassinat de Kamal Joumblatt, le chef de la communauté druze, a pour conséquence directe l'attaque des villages chrétiens par les forces druzes. En février 1978, les forces syriennes affrontent les Phalangistes. Durant toute cette période, l'OLP est responsable d'attentats terroristes perpétrés sur des positions israéliennes. En guise de représailles, Israël lance l'Opération Litani, le 14 mars et envahit le sud du Liban pour y détruire les bases palestiniennes. L'armée israélienne se retire lorsque les troupes de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (F.I.N.U.L) reprennent le contrôle du Liban-Sud. En juillet, l'artillerie syrienne bombarde Beyrouth, suite à l'assassinat de Tony Franjié, fils de l'ancien président libanais et ami du président Assad de Syrie. Entre 1978 et 1981, les affrontements entre chrétiens et musulmans sont incessants. Les Syriens, qui soutiennent désormais l'OLP contre Israël, sont également en guerre contre les chrétiens libanais. Les attaques palestiniennes contre Israël se poursuivent. Entre octobre 1976 et juin 1982, la guerre au Liban fit les victimes suivantes: 20.000 chrétiens, 18.000 musulmans libanais, 1300 Syriens et 380 Israéliens. Israël, ayant enduré pendant 12 ans les raids terroristes de l'O.L.P. organisés depuis le Liban, envahit ce dernier le 6 juin 1982 à la tête d'une armée de 60.000 hommes. Les assauts terrestres et maritimes avaient pour principal objectif d'expulser l'O.L.P. et Yasser Arafat du sud du Liban. Israël souhaitait également expulser les Syriens de la vallée de Beqaa et détruire leurs nombreux sites de lancement. Les Israéliens durent affronter 15.000 combattants de l'O.L.P. et 60.000 soldats syriens. Les deux forces en présence étaient armées des équipements soviétiques les plus récents. L'armée de l'O.L.P. ne pouvait espérer faire face à la pression israélienne. Elle obtint cependant des résultats significatifs en optant pour une guerre de guérilla plus efficace que toute autre méthode de combat traditionnelle. En revanche, les Syriens ne surent pas prévoir le déroulement des combats et anticiper les actions israéliennes. Le commandant en chef israélien, le général Eitan, planifia son avancée selon trois lignes: la côte (général de division Adam), la crête et les pentes supérieures occidentales de la chaîne libanaise (général de corps d'armée Drori) et la vallée de Beqaa. Plusieurs villes côtières tombèrent aux mains des Israéliens, à commencer par Tyr le 7 juin, Sidon le 8, Damour le 9 et, finalement, Beyrouth, bastion de l'O.L.P., furent encerclées le 14. Au centre, les ponts de la rivière Litani et le château de Beaufort tombèrent à leur tour. A l'est, les unités blindées israéliennes et syriennes s'affrontèrent dès le 7 juin. Les combats aériens opposant les forces israéliennes et syriennes, ainsi que la destruction des sites de missiles syriens, illustrent les prouesses militaires israéliennes. Le 9 juin, en deux heures, les Israéliens détruisirent dix-neuf batteries de missiles sans déplorer de perte. Les Israéliens, aux commandes des F-15, F-16 et Skyhawks A-4 américains se mesurèrent aux Mig 21, 23 et 25, sans oublier les Sukhoi 7 soviétiques pilotés par les Syriens. Le 9 juin, 90 avions syriens étaient détruits, contre un seul avion israélien. Le char israélien révolutionnaire, le Merkava, fut utilisé pour la toute première fois dans les combats, et permit de maîtriser le T-72 soviétique. Les Syriens perdirent soixante douze chars dans la vallée de Beqaa. L'évacuation des 10.000 soldats de l'O.L.P., assiégés dans la ville de Beyrouth, se fit par la mer. Cette opération, débutée le 28 août, dura une dizaine de jours. Les hostilités opposant Israël aux combattants de l'O.L.P. et aux Syriens cessèrent alors. Les Israéliens ne purent cependant quitter le sud, craignant de voir cette zone tomber aux mains des troupes de l'O.L.P. du nord du Liban ou des Syriens. Ils établirent une première ligne défensive sur les rivières Awali, Zaharani, puis Litani. Le 28 août 1982, on recensait 368 Israéliens tués et 2.383 blessés contre 600 Syriens tués et 3.800 blessés, sans compter quelque 2.000 à 3.000 soldats de l'O.L.P. tués et autant de blessés, auxquels vinrent s'ajouter 9.000 prisonniers. Voir aussi |







