L'économie du Koweït
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Il y a entre 10 et 15 millions d'années, toute la région du Moyen-Orient était submergée. Dans cette mer, d'innombrables organismes minuscules vivaient et mouraient, coulant alors au fond de l'eau où ils formèrent peu à peu une couche épaisse. Au terme de millénaires de compression sous des couches de boue, qui se changèrent progressivement en roche, cette couche organique se désagrégea en hydrocarbones de base, qui sont à l'origine du pétrole et du gaz. La découverte du pétroleDes ingénieurs britanniques décelèrent du pétrole au Moyen-Orient au début du XXe siècle, mais les premières grandes découvertes eurent lieu dans le sud de l'Iran de l'autre côté du golfe. En l'espace de vingt ans, l'Irak se mit à produire du pétrole à une échelle commerciale. Au Koweit, la production ne débuta vraiment que dans les années 1940. Les experts estiment que les États du golfe possèdent environ 63 % des réserves pétrolières connues du globe - suffisamment en tout cas pour satisfaire à la demande mondiale pendant un siècle. Le Koweit à lui seul dispose d'un dixième de toutes les réserves détectées. A l'époque où l'on commença à exploiter ces gisements, sept grandes compagnies internationales contrôlaient le marché mondial et fixaient le prix des carburants. Elles déterminaient les quotas de production pour chaque gisement spécifique afin de gérer les approvisionnements et de ne pas saturer leurs marchés. La puissance de ces grandes compagnies pétrolières fut brusquement remise en cause en 1960 avec l'émergence d'un nouveau groupement commercial - l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (O.P.E.P.) dont le Koweit était l'un des membres fondateurs aux côtés de l'Arabie Saoudite, de l'Iran, de l'Irak et du Venezuela. La stratégie de l'O.P.E.P. consistait notamment à nationaliser la production pétrolière de chaque pays. En conséquence, entre 1975 et 1977, la production pétrolière et le raffinage passèrent sous le contrôle des autorités koweïtiennes. Aujourd'hui, l'État, sous la forme de la Compagnie pétrolière koweïtienne, détermine la quantité de pétrole produit et son prix de vente, en accord avec les autres membres de l'O.P.E.P. Les recettes pétrolièresLe gouvernement utilise une grande partie des revenus du pétrole pour financer le système social, prodigue, et poursuivre la modernisation du pays. L'industrie pétrolière ne fournit pas un grand nombre d'emplois ; l'essentiel du travail de surveillance et d'entretien s'effectue automatiquement, par le biais de machines. Pour compenser, les autorités s'efforcent de développer de nouvelles industries, en particulier dans le secteur des dérivés du pétrole mais aussi dans le domaine de la construction où le logement et les centrales électriques sont prioritaires. Parmi les projets de construction, citons les ports et les terminaux pour les pétroliers, en pleine expansion. Le pays dispose de sa propre flotte de pétroliers modernes et a récemment agrandi son aéroport international. Les revenus pétroliers permettent aussi la modernisation du secteur agricole, relativement restreint Les autorités se préoccupent aussi beaucoup de l'avenir. 10 % environ des revenus du pétrole sont systématiquement investis dans ce qui est baptisé “le fonds de réserves pour les générations futures”. Le gouvernement place à l'étranger une partie de ces fonds notamment dans les chaînes de stations-service et les constructeurs automobiles. Ces mesures ne sont pas simplement des précautions arbitraires puisque, en 1979, la baisse de la demande de pétrole dans le monde, provoquée par un engorgement du marché et par les mesures d'économie d'énergie prises par les nations industrialisées, entraîna une chute de 60 % de la production, assortie d'augmentations de prix réduites. En 1989, on ne prévoyait d'ailleurs toujours pas d'accélérer la cadence de production. Le pétrole et la politiqueLe pétrole a aussi des incidences sur le plan politique. En 1967, par exemple, le Koweit suspendit ses exportations de pétroles à destination des États-Unis et de certains pays européens en représailles du soutien qu'ils avaient accordé à Israël lors de la guerre des Six Jours. Le Koweit envoya quelques troupes non combattantes dans la région et accorda par la suite une aide financière considérable à l'Egypte et à la Jordanie sur une base annuelle régulière. Les expéditions de pétrole reprirent cependant au bout de deux mois. Un scénario similaire se produisit en 1973 après la reprise des hostilités israëlo-arabes. Les exportations recommencèrent de la même façon, cette fois-ci au bout de cinq mois, mais la forte hausse des prix qui en résulta déclencha une crise économique internationale. Au cours de la guerre irano-irakienne de 1980-1988, le golfe Persique fut le théâtre de violents combats. Lorsque l'Iran attaqua des pétroliers Koweïtiens par mesure de représailles pour son aide à l'Irak, le Koweit voulut faire enregistrer une partie de sa flotte sous la bannière soviétique ou américaine, afin d'obtenir un certain degré de protection de la part des forces navales de ces nations. Cette initiative ne dissipa guère les tensions, et la présence de i forces navales étrangères irrita fortement les autorités iraniennes. En 1988, le cessez-le-feu entre l'Iran et l'Irak, à l'initiative des Nations Unies, mit un terme aux attaques perpétrées contre les navires sillonnant le Golfe. Ces offensives avaient cependant eu pour effet de mettre en lumière la vulnérabilité du Koweit. |







