Irak
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L'Irak (العراق, iˈrɑq) est bordé par la Turquie au nord, l'Iran à l'est, le golfe Persique au sud-est, le Koweït et l'Arabie Saoudite au sud et la Jordanie et la Syrie à l'ouest. Sa superficie est de 437.072 kilomètres carrés. GéographiePays et climatLe pays se compose essentiellement de plaines dépassant rarement 90 mètres d'altitude. Les collines situées au nord-est s'élèvent vers les Monts Zagro, qui s'étendent sur la frontière iranienne et atteignent une altitude de 3.658 mètres à Rawanduz. Au sud et au sud-ouest, s'étend une steppe désertique partagée avec le Koweït, l'Arabie Saoudite et la Jordanie. La région nord-est du pays est une prolongation du désert de Syrie. Une plaine marécageuse, couvert de palmiers et de roseaux, entoure le Shatt al 'Arab et la jonction du Tigre et de l'Euphrate au sud de Al Qurna. Le climat est très variable. Plantes et animauxL'Irak abrite plus de 25 millions de dattiers. On y trouve également du réglisse, traditionnellement utilisé par les Irakiens comme combustible. Le pays produit de l'orge, du blé, des pastèques, des tomates, des dattes, du raisin, des concombres et des oranges. L'Irak abrite de nombreuses espèces sauvages, dont les gazelles, les chacals, les renards, les lapins, les canards, les hérons, les bécassines et les perdrix. Les habitants des zones rurales élèvent des moutons, des chèvres et du bétail. GouvernementJusqu'en 2003, le gouvernement Irakien était dirigé par un président qui occupait également les postes de président du conseil du commandement de la révolution (qui décide de la politique du gouvernement), de premier ministre et de commandant des forces armées. Le pouvoir législatif, ou Assemblée nationale, est élu par le peuple, mais en pratique, tous les pouvoirs législatifs et exécutifs sont exercés par le conseil du commandement de la révolution. Entre 1958, date du renversement de la monarchie, et 1991, le seul parti autorisé a été le Baath. En 1991, Sadam Hussein a légalisé les autres partis. Après son renversement, à l'issue de l'attaque du pays par une coalition alliée des États-Unis et du Royaume-Uni et soutenue par plusieurs dizaines de pays dont le Japon, la Corée du Sud, la Pologne, l’Espagne et l’Italie, le pouvoir a été remis entre les mains d’un gouvernement intérimaire, dirigé par Iyad Allaoui. Les premières élections démocratiques ont été organisées le 30 janvier 2005. Histoire du paysVoir article complet : Histoire du pays Histoire contemporaine
Le passé récent de l'Irak est marqué par trois conflits meurtriers aux conséquences économiques et sociales particulièrement dramatiques : la guerre Iran-Irak (la guerre du Golfe), la seconde et la troisième guerre du Golfe. En 1979, le général Saddam Hussein accède à la présidence de la République et s'impose rapidement, après avoir procédé à des purges massives au sein du parti Baas, comme le maître incontesté du pays. En septembre 1980, l'Irak envahit son voisin iranien, à la suite de conflits territoriaux et de tensions avec le nouveau gouvernement islamiste chiite dont il craint l'influence sur sa propre population chiite. Cette guerre meurtrière (1,2 millions de morts) ne trouve un terme qu'en 1988 : bien qu'aucun des deux États n'en retire de bénéfice territorial, l'Iran perd sa position dominante dans la région tandis que l'Irak, que les Occidentaux avaient soutenu, bénéficie d'un regain de prestige malgré ses nombreuses exactions à l'égard de ses populations chiites et kurdes. Ainsi, en 1987, des milliers de Kurdes sont exécutés à l'arme chimique. En 1990, l'Irak s'oppose au Koweït, son allié durant la guerre contre l'Iran, au sujet du prix du pétrole et du règlement de la dette irakienne. Un contentieux territorial est cependant au coeur de la confrontation. Les troupes irakiennes envahissent le Koweït le 2 août et prennent bientôt le contrôle de tout le pays, le déclarant 19e province irakienne. L'Irak refusant de se retirer du Koweït, malgré l'ultimatum lancé par le Conseil de sécurité de l'Onu, une coalition conduite par les États-Unis est levée contre l'agresseur. La guerre du Golfe se révèle désastreuse pour l'Irak, dont les troupes sont chassées du Koweït en six semaines. La population civile paie un lourd tribut, le territoire irakien étant soumis à des bombardements intensifs par les forces de la coalition. En avril, l'Irak est contraint d'accepter le cessez-le-feu définitif imposé par l'Onu. Un soulèvement des populations chiite et kurde est violemment réprimé, contraignant les Occidentaux à définir une zone d'exclusion aérienne dans le nord de l'Irak, où se réfugient des centaines de milliers de Kurdes. À la suite de la guerre, les Nations unies imposent des sanctions économiques à l'Irak et exigent le désarmement du pays. Cependant, à plusieurs reprises (1992, 1997, 1998), le gouvernement irakien refuse l'accès de certains sites sensibles à la Commission spéciale des Nations unies chargée du désarmement irakien (Unscom), provoquant la reconduite des sanctions, voire une intervention militaire conduite par les États-Unis. L'embargo imposé par l'O.N.U. plonge la population irakienne dans la misère et, en 1996, le Conseil de sécurité autorise l'Irak à reprendre ses exportations de pétrole, dans une certaine limite, afin de pouvoir acheter de la nourriture et des médicaments (accord « Pétrole contre nourriture »). Malgré les revers qu'il subit, le régime de Saddam Hussein se maintient, ne rencontrant aucune réelle opposition organisée. En novembre 1998, les Américains et les Britanniques décident de soutenir financièrement et politiquement l'opposition irakienne, qui reste cependant divisée selon des critères ethniques, religieux ou politiques. En février 1999, des émeutes à Bagdad et dans d'autres villes du sud, à majorité chiite, sont violemment réprimées par les forces gouvernementales, faisant des dizaines de morts. Au sein des pays occidentaux, des voix s'élèvent, notamment celle de la France, afin d'alléger les sanctions économiques dont la population est la première victime. Mais les États-Unis, suivis de la Grande-Bretagne, se refusent à toute concession. Depuis 2003Le 20 mars 2003 l’Irak est attaqué par la coalition alliée (États-Unis et Royaume-Uni, soutenus par plusieurs pays dont le Japon, la Corée du Sud, la Pologne, l’Espagne et l’Italie). Trois semaines plus tard, le régime de Saddam Hussein est renversé. Cette guerre s’achève le 1er mai. Le pays est ensuite occupé par la coalition et Saddam Hussein est exécuté par pendaison le 30 décembre 2006, à Bagdad, pour crimes contre l'humanité. Voir article complet : L'histoire de l'Irak depuis 2003 Les habitantsL'Irak compte 21 millions d'habitants, dont 77% d'Arabes et 19% de Kurdes, ainsi qu'une minorité turkmène, perse et assyrienne. La quasi totalité de la population est musulmane et comprend 62% de chi'ites et 34% de sunnites, tandis que 3% seulement des Irakiens sont chrétiens. La majorité des habitants vit en zone urbaine et en particulier à Bagdad, capitale et plus grande ville du pays. Les grands centres urbains ont connu ces dernières années un afflux massif de campagnards, qui pèsent lourd sur les ressources sociales du gouvernement et vont grossir les rangs des chômeurs, particulièrement les hommes âgés de 20 à 25 ans. Les Kurdes, installés au nord et au nord-ouest de Mosul, sont de confession islamique et partagent le patrimone religieux de la population arabe. Cependant, ils possèdent une histoire distincte et parlent le kurde, langue indo-iranienne et non pas sémite. Désirant affirmer leur identité culturelle, ils revendiquent leur autonomie culturelle et politique et sont très violemment réprimés par le gouvernement. Avant la création de l'Etat d'Israël en 1948, les marchands juifs dominaient une grande partie des transactions commerciales à Bassora et à Bagdad, souvent en association avec les commerçants musulmans. Aujourd'hui, une grande partie de la population juive a émigré en Israël, aux Etats-Unis et en Europe et très peu de juifs vivent encore en Irak. La population rurale est de tradition tribale. La majorité d'entre elle vit au même endroit depuis 2 ou 3 générations, cultivant la terre ou élevant du bétail. Les éleveurs nomades ont vu leur nombre diminuer considérablement, suite aux programmes sociaux mis en place par le gouvernement depuis 1958. Les valeurs traditionnelles arabes prédominent dans les zones rurales, mais la population urbaine a adopté un mode de vie occidental. Néanmoins, que ce soit en zone urbaine ou en zone rurale, l'islam joue un rôle primordial dans la vie quotidienne des Irakiens. Ainsi, ils se rendent à la mosquée tous les vendredis et respectent scrupuleusement les fêtes religieuses. Les traditionsVacances et fêtesLes jours fériés comprennent : le jour de l'an (1er janvier); le jour de l'Armée (6 janvier); le 8 février, qui commémore le coup d'État de 1963; et les fêtes nationales du 14 juillet (instauration de la république en 1958) et du 17 juillet (révolution baasiste de 1968). En outre, les fêtes religieuses musulmanes, dont les dates sont tributaires du calendrier lunaire, comprennent la fête de rupture du jeûne, l'Aïd al-Fitr, à la fin du Ramadan, et la fête du sacrifice, l'Aïd al-Adha. Au nombre des jours fériés figurent également le nouvel an musulman, l'Ashura, ainsi que l'anniversaire de la naissance du prophète Mahomet. L'artBeaux artsLe riche patrimoine culturel de l'Irak est essentiellement arabe, même si la Mésopotamie fut le berceau des civilisations sumérienne, babylonienne et assyrienne bien avant l'avènement de l'islam, au VIIe siècle de notre ère. Outre les mosquées, châteaux et palais hérités de la culture arabe, de nombreux sites archéologiques témoignent de la richesse du passé irakien, tels les ruines de Babylone, dont les jardins suspendus figuraient parmi les Sept Merveilles du monde antique, la cité de Ninive, capitale de l'ancien Empire assyrien, et la cité sumérienne d'Ur, patrie d'Abraham. Bibliothèques et muséesLes principales bibliothèques sont celles des universités de Bassora, de Mossoul, et de Bagdad; on trouve, en outre, des bibliothèques ouvertes au public dans la plupart des capitales provinciales. Les musées irakiens présentent les vestiges des premières cultures de Mésopotamie; c'est notamment le cas du Musée archéologique de Bagdad et du musée de Mossoul (vestiges assyriens). EconomieL'exploitation du premier gisement de pétrole commercial d'Irak, situé à Kirkuk, commença en 1927, sous la houlette de la Société Pétrolière Irakienne. Cette société, à majorité britannique, obtint ensuite l'accord du gouvernement Irakien pour conduire l'exploration pétrolière des provinces de Mosul et de Bagdad. D'autres sociétés suivirent cet exemple, faisant ainsi de l'Irak un plus grands producteurs de pétrole du Moyen-Orient. L'industrie pétrolière fut nationalisée en 1975. A l'exportation du pétrole sont venus s'ajouter ces dernières années la production de gaz naturel et la construction de raffineries pour la consommation intérieure. En dehors des produits pétroliers et du gaz naturel, les autres secteurs sont peu développés : agroalimentaire, textile, chaussure, cigarettes et matériaux de construction. Bagdad est le premier centre industriel du pays. La plupart des terres agricoles se situent plaines alluviales du Tigre et de l'Euphrate. On y cultive principalement du blé, de l'orge, du riz et des dattes. Les cultures de canne à sucre, de betterave sucrière et de colza sont également très importantes. Les exportations de dattes irakiennes représentent une part significative du commerce mondial de cette denrée. Ces exportations équilibrent les dépenses engagées pour payer les importations de nourriture et de biens de consommation. La balance commerciale a beaucoup souffert des sanctions commerciales imposées au pays après la guerre du Golfe en 1991. L'élevage de bétail est l'activité privilégiée des populations nomades et semi-nomades. L'industrie du bétail et des volailles a été développée dans les années quatre-vingt. En outre, l'élevage du cheval arabe y est pratiqué de manière extensive. Communication et éducationLa transformation de l'Irak en un état moderne et industriel doit beaucoup au réseau routier et ferroviaire qui relie les principales villes aux provinces éloignées. Des pipelines pour le transport du pétrole relient la Turquie et la Méditerranée au port de Bassora. En 1914, l'Irak ne comptait que 2 routes principales, dont l'une traversait le désert entre Bagdad à Al Fallujah, ville située sur l'Euphrate et l'autre allait de Mosul à Mardin en Turquie et servait principalement au transport des marchandises. Les routes et les voies ferrées construites par les forces alliées durant la Première et la Deuxième Guerre Mondiale sont à la base du réseau actuel, qui comprend plus de 45.500 kilomètres de routes, dont 38.300 sont bitumées. L'Irak possède un aéroport international situé à Bagdad et des ports très importants à Bassora, Umm Qasr et Al Faw sur le golfe Persique. L'éducation est contrôlée et financée par le gouvernement et les femmes sont encouragées à poursuivre leurs études à un niveau universitaire. Avant la Première Guerre Mondiale, les écoles faisaient très souvent partie d'une mosquée, mais durant l'occupation britannique, entre 1917 et 1932, le cursus scolaire fut calqué sur le modèle anglais. Après l'instauration de la République en 1958, l'instruction devint de plus en plus occidentalisée. L'université de Bagdad, fondée en 1958, a des campus à Bassora et à Mosul, qui devinrent des universités séparées en 1964 et 1967, respectivement. Voir aussi |










