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Cisjordanie

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Cisjordanie ( الضفة الغربية‎, aḍ-Ḍiffä l-Ġarbīyä)

Géographie

Longée au nord, au sud et à l'ouest par Israël et par la Jordanie à l'est, l'Autorité Palestinienne a été pendant plus d'une cinquantaine d'années une zone sensible du Moyen-Orient.

A l'est, l'Autorité Palestinienne est séparée de la Jordanie par le Jourdain. La frontière entre l'Autorité Palestinienne et la Jordanie est complétée par la mer Morte au sud-est.

Gouvernement

Yasser Arafat est le premier président de l'exécutif palestinien. Élu par les Palestiniens des territoires autonomes, il a accédé, avec 88,1 p. 100 des suffrages, au poste de président du Conseil de l'Autonomie palestinienne. Le pouvoir législatif lui est par ailleurs tout acquis, puisque ses partisans, les membres du Fatah, ont obtenu une très large majorité au Conseil de l'Autonomie palestinienne issu des élections du 20 janvier 1996. Il jouera donc certainement un rôle clé dans la création du futur État palestinien. D'ici là, les Palestiniens gèrent les affaires internes des territoires autonomes. Israël continue d'exercer son contrôle sur les zones frontalières et organise, avec la police palestinienne, des patrouilles communes le long des routes stratégiques, conformément aux accords de 1993. Le sort des colons juifs n'est, en outre, toujours pas réglé. Ceux qui ont choisi de rester en Palestine autonome dépendent toujours de l'administration israélienne.

Histoire contemporaine

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En 1947, les Nations unies (ONU) votent la partition de la Palestine, alors sous mandat britannique, en deux États, l'un arabe, l'autre juif, Jérusalem bénéficiant d'un statut particulier. Le 14 mai 1948, les dirigeants juifs proclament la création de l'État d'Israël, ce qui déclenche une riposte armée des États arabes voisins. Au moment où intervient un accord de cessez-le-feu, en 1949, Israël a conquis près des trois-quarts de la Palestine, l'Égypte contrôle la péninsule du Sinaï, et la Jordanie domine Jérusalem-Est et la Cisjordanie. Pendant la guerre des Six-Jours, en 1967, Israël prend le contrôle de Jérusalem-Est, de la Cisjordanie, du plateau du Golan, de la bande de Gaza et de la péninsule du Sinaï. À la suite des accords de Camp David, en 1978, la péninsule du Sinaï est restituée à l'Égypte.

Au fur et à mesure qu'elle gagne une reconnaissance internationale et s'impose comme porte-parole légitime des Arabes palestiniens, l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), fondée en 1964 et dirigée par Yasser Arafat, renonce peu à peu à l'action violente pour rechercher la voie de la négociation. Mais, devant la lenteur des négociations, les Palestiniens de l'intérieur déclenchent l'intifada, soulèvement populaire contre l'occupation israélienne qui débute dans la bande de Gaza en décembre 1987 et gagne bientôt toute la Cisjordanie.

Une conférence de paix entre Israël, ses voisins arabes et les Palestiniens est organisée en 1991, à la suite de la guerre du Golfe, mais elle n'apporte aucun résultat concret. Ce sont des négociations secrètes, menées en Norvège entre des représentants de l'OLP et du gouvernement israélien, qui, en 1993, permettent la conclusion d'un accord prévoyant l'autonomie palestinienne dans la bande de Gaza et dans la ville de Jéricho, en Cisjordanie, avec l'objectif d'étendre ce statut d'autonomie à la plus grande partie des territoires occupés.

En mai 1994, les troupes israéliennes se retirent de la majeure partie de la bande de Gaza et de Jéricho, où elles sont remplacées par des forces de police palestiniennes. Yasser Arafat est investi officiellement des fonctions de président de l'Autorité palestinienne en juin 1994. Comme le prévoit l'accord de paix intérimaire de septembre 1995, le contrôle des six grandes villes de Cisjordanie est transféré pacifiquement à l'Autorité palestinienne au cours des mois de novembre et décembre 1995. Cette dernière se voit également confier l'administration civile de près de 450 villages cisjordaniens, mais les forces israéliennes se réservent le droit de pénétrer à nouveau dans ces zones pour des raisons de sécurité.

Toutefois, la ligne dure des Palestiniens, en particulier ceux appartenant au mouvement islamique Hamas, continuent à recourir à la violence. Les attentats suicide à la bombe commis par des militants du Hamas provoquent la mort de plusieurs dizaines de personnes en Israël lors d'une série d'attaques de bus en 1996. Une opposition aux accords de paix s'élève également avec violence parmi la population juive. En février 1994, un colon juif tue 29 fidèles au tombeau des Patriarches à Hébron et, en novembre 1995, le Premier ministre israélien, Yitzhak Rabin, est assassiné par un extrémiste juif. Shimon Peres reprend les fonctions de Premier ministre et déploie toute son énergie pour réenclencher le processus de paix.

En janvier 1996, les Palestiniens élisent Yasser Arafat président d'un conseil législatif composé de 88 membres. En Israël, le Premier ministre Peres perd les élections du mois de mai, lors d'un scrutin très disputé, au profit de Benyamin Netanyahou, chef du parti de droite, le Likoud. Les gouvernements arabes accusent Israël de retarder volontairement les négociations, et de violentes échauffourées éclatent entre soldats israéliens et policiers palestiniens en septembre 1996, lorsque le gouvernement israélien fait creuser un tunnel destiné aux touristes au-dessous des sites musulmans et juifs les plus sacrés de Jérusalem.

Après un retard dans la mise en œuvre des accords signés par Rabin et Arafat en 1993, un autre accord est conclu entre Israéliens et Palestiniens au sujet de la Cisjordanie. Les troupes israéliennes se retirent de la majeure partie de Hébron en janvier 1997 et doivent poursuivre ce retrait en évacuant les zones rurales de Cisjordanie. Mais la situation se dégrade à nouveau en mars. La décision du gouvernement israélien de démarrer la construction de logements pour des Juifs dans Jérusalem-Est déclenche une nouvelle vague de violence entre Palestiniens et Juifs. Un attentat à la bombe dirigé contre un café de Tel Aviv cause la mort de trois femmes en mars, et une émeute éclate en avril après le meurtre d'un Palestinien par un colon juif, à Hébron. Le président des États-Unis, Bill Clinton, fait pression sur les Israéliens et les Palestiniens pour qu'ils réouvrent les négociations.

Les attentats suicides commis au milieu de 1997 par des militants du Hamas, ainsi que d'autres attaques terroristes perpétrées par des groupes islamistes au Liban, poussent Israël à exiger de la part des dirigeants palestiniens une action plus ferme à l'égard du terrorisme. En septembre, les services secrets israéliens, le Mossad, tentent sans succès d'assassiner le chef politique du Hamas, Khaled Meshal, réfugié en Jordanie. Les pourparlers de paix entre Israéliens et Palestiniens se trouvent dans une impasse pendant plus d'un an. Au printemps 1998, la possibilité d'un compromis entre les deux gouvernements continue d'achopper sur deux questions majeures : les concessions territoriales et les garanties de sécurité. L'enlisement des négociations et les difficultés économiques entament la popularité de Yasser Arafat et certains de ses adversaires accusent son administration policière de violences.

Le statut définitif de ce pays aurait du être fixé avant l'an 2000. Malgré différentes tentatives de négociations, aucune avancée significative n'a été observée.

La rivalité entre l'autorité palestinienne et Israël, toujours aussi importante, se concrétisant par des actes de violence de part et d'autres et des incursions armées d'Israël dans les territoires autonomes, malgré la désapprobation et les pressions de la communauté internationale.

Les habitants

La Cisjordanie et la bande de Gaza comptent respectivement 1,66 millions d'habitants et un peu plus de 1 162 777 (estimation 2000) d'habitants, majoritairement des Arabes palestiniens. Ces chiffres prennent en compte les colons juifs installés en Cisjordanie (environ 200 000 en 1991, dont la moitié à Jérusalem-Est) et dans la bande de Gaza (environ 4500). La diaspora palestinienne compte par ailleurs 5,8 millions de personnes, réfugiés notamment en Jordanie et au Sud-Liban. La population palestinienne enregistre un très fort taux d'accroissement naturel, estimé à 4,2% par an sur la période 1990-1995, en dépit d'une très importante mortalité infantile (44%), imputable à l'insuffisance des infrastructures sanitaires. Outre la partie est de Jérusalem, les principales villes de Cisjordanie sont Naplouse au nord, Hébron au sud, Jéricho à l'est et Ramallah à l'ouest. Gaza, Rafa? et Khan Younis sont les trois grands centres urbains de la bande de Gaza, presque totalement urbanisée.

Les traditions

A table

Le principal repas est pris de préférence au milieu de la journée ou au début de l'après-midi. Les aliments sont généralement épicés. Le falafel (pain pita rempli de boulettes de pois chiches) est très consommé ainsi que les feuilles de vigne farcies et le riz épicé aux noix. Le café turc, le thé et les jus de fruits sont les boissons les plus courantes. Les musulmans pratiquants ne mangent pas de porc et ne boivent pas d'alcool.

Les comportements à table varient selon les familles et le style de vie. Par exemple, dans les foyers traditionnels, on mange avec la main droite et l'on se sert dans un plat commun. Les familles plus occidentalisées utilisent des couverts et mangent dans des assiettes séparées. Dans certains cas, les hommes et les femmes mangent séparément mais, souvent, les familles aiment se retrouver au moins pour partager le repas principal. Les hôtes apprécient que leurs invités se servent une seconde fois; un refus peut être considéré comme une offense.

Vie en société

Al-Salaam Alaykum (« que la paix soit sur toi ») est la salutation habituelle des Arabes palestiniens de Cisjordanie et de la bande de Gaza. Les amis proches de même sexe s'embrassent souvent sur la joue et un tapotement dans le dos ou sur l'épaule est une marque d'affection. Les poignées de mains sont également courantes. Les amis s'appellent par leur prénom. Les hommes âgés et ceux auxquels on doit le respect sont appelés Abu qui signifie « père »; par exemple, Abu Ahmed fait référence au père d'Ahmed (le fils aîné).

Le monde arabe possède une longue tradition d'hospitalité. Chez les Palestiniens, parents et amis peuvent se rendre visite à tout moment et à l'improviste. Lorsque l'on rend visite à des relations, le visiteur doit prendre des nouvelles de la famille, de la santé et du travail de l'hôte. Les hommes aiment se rencontrer au café tandis que les femmes se rencontrent plus fréquemment à la maison.

Vacances et fêtes

Les Palestiniens respectent les congés musulmans et chrétiens. Les fêtes de Noël (25 décembre) à Bethléem et les célébrations de Pâques à Jérusalem-Est sont connues dans le monde entier. Les trois jours suivant la fin du jeûne du Ramadan donnent lieu à une fête connue sous le nom d'Aïd al-fitr. Les musulmans célèbrent également l'Aïd al-adha (la fête du sacrifice), qui se déroule après le pèlerinage à La Mecque et commémore la décision d'Abraham de sacrifier son fils.

Economie

Sous l'occupation israélienne, l'économie de la Cisjordanie et de la bande de Gaza pouvait difficilement se développer. Dès 1991, Israël a commencé à accorder plus de permis de travail aux Palestiniens. Le secteur industriel est très peu développé. On produit essentiellement du ciment, du textile et des produits d'artisanat destinés au tourisme. Les productions agricoles comprennent des fruits, des olives, des légumes, de la viande de bœuf et des produits laitiers, essentiellement vendus à Israël et à la Jordanie. Quelques mois après l'entrée en vigueur du régime d'autonomie à Gaza, un adulte sur deux était sans travail, et l'inflation atteignait des niveaux inquiétants. La stabilité politique dépendra en grande partie du développement économique, lui-même soumis à l'aide étrangère. Le nouveau shekel israélien et le dinar jordanien ont la même valeur.

Communications et éducation

Transports

Les bus sont les principaux moyens de transport publics. Les taxis et les véhicules personnels sont nombreux. Les routes sont généralement en mauvais état. Les trajets entre Gaza et Jéricho ne peuvent s'effectuer que par certaines routes autorisées.

Si un ménage sur dix dispose d'un téléphone privé, un sur deux possède un téléviseur. Une chaîne de télévision palestinienne est sur le point de voir le jour, tandis que la presse, considérée comme l'une des plus libres du monde arabe, bénéficie d'un vaste lectorat, s'étendant bien au-delà des seuls territoires palestiniens.

Education

Un rapport récent de la Banque mondiale place les Palestiniens parmi les populations les plus cultivées du monde arabe. Ceci tient, d'une part, à l'enseignement dispensé par les missionnaires implantés dans la région au XIXe siècle, et, d'autre part, à l'importance accordée à l'éducation dans la lutte contre l'occupation israélienne. Même aux moments les plus durs de l'intifada, alors que les écoles étaient fermées, la continuité de l'enseignement était assurée par les parents dans le cadre de cours à domicile. Les écoles des villes libérées de Cisjordanie et celles de Gaza dépendent à présent de l'autorité palestinienne. Il existe quelques écoles privées financées par des organisations internationales chrétiennes et islamiques. Les territoires palestiniens possèdent six universités, dont cinq en Cisjordanie. Un Palestinien sur dix a suivi une formation supérieure.

Voir aussi

 
Dernière modification: 18/03/2008 22:15
 

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