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La Tunisie est le plus petit pays d'Afrique du Nord. Elle se trouve dans la partie la plus orientale du Maghreb (surnommée la pointe nord de l'Afrique) et forme ce que l'on appelle un “état-tampon” entre l'Algérie et la Libye. Autrefois, la Tunisie abritait l'antique ville de Carthage. En tant province d'Ifriqiyah, ou Asie Mineure, elle occupait également une position stratégique au sein des empires turcs et arabes d'Afrique du Nord. La Tunisie devint un protectorat français en 1883 et accéda à l'indépendance en 1956. Depuis 1957, la Tunisie est une république constitutionnelle. Elle a poursuivi sa destinée nationale indépendamment des nations arabes d'Afrique du Nord et du Moyen-Orient.
La Tunisie couvre une superficie de 163.610 kilomètres carrés (63.170 miles carrés). Dans le nord du pays, les montagnes de l'Atlas se séparent pour former deux chaînes montagneuses différentes. Le massif du Northern Tell est le moins élevé et l'altitude y oscille entre environ 300 et 900 mètres. Il longe le littoral et s'étend presque jusqu'à la ville de Tunis. Les hautes terres du Tell prolongent les hauteurs sahariennes de l'Atlas, en Algérie, et sont à la fois plus vastes et plus accidentées. A proximité de la frontière algérienne, le sommet de Djebel Chambi culmine à une altitude de 1.544 mètres. Ces deux chaînes montagneuses sont entrecoupées par la vallée creusée par le fleuve Medjerda qui se jette ensuite dans le golfe de Tunis. Il s'agit du seul fleuve tunisien dont le débit reste élevé tout au long de l'année.
Le centre de la Tunisie est constitué par un vaste plateau dont l'altitude diminue progressivement au fur et à mesure qu'on avance vers l'est, des hautes terres du Tell jusqu'à la plaine côtière. Les” hautes steppes” sont composées de vastes bassins alluviaux entrecoupés par des montagnes peu élevées. Les “basses steppes” se trouvent sur un plateau dont la surface, parfaitement horizontale, est recouverte de graviers.
L'île de Djerba est située, quant à elle, dans le golfe de Gabès à proximité de Zarzis. Les précipitations annuelles sont comprises en moyenne entre 20 et 40 centimètres et les pluies tombent surtout en hiver. Les averses entraînent la formation d'oueds (ou cours d'eau temporaires) qui s'écoulent en formant à la surface de la plaine côtière des lacs d'eau salée (ou sebkhas) dont l'eau finit ensuite par s'évaporer. Les steppes sont caractérisées par une végétation clairsemée et résistant à la sécheresse.
Au sud des steppes s'étend une immense cuvette qui abrite trois lacs salés saisonniers (ou chotts). Le plus grand s'appelle le Chott el Djerid (ou Chott al Jarid). Le Chott el Gharsa se trouve à 23 mètres au-dessous du niveau de la mer et le Chott el Fedjadj est encore plus petit. En hiver, les pluies forment des rigoles qui s'écoulent dans les chotts. En s'évaporant, l'eau laisse ensuite à leur surface une épaisse couche de sel.
La Tunisie s'étend vers le sud en direction du Sahara où les montagnes des Ksour, aux sommets aplatis, séparent la plaine côtière de Djeffara d'une région de basses terres partiellement recouverte par les dunes de sable du Grand Erg Oriental d'Algérie.
Le climat du sud de la Tunisie est aride et les précipitations annuelles sont inférieures à 20 centimètres. Des oasis isolées sont toutefois peuplées d'une manière permanente grâce à la présence d'une nappe phréatique souterraine. Partout ailleurs, on ne rencontre que de vastes régions dénudées dont la végétation est intermittente. Les précipitations annuelles les moins élevées à Babis atteignent seulement 18.5 centimètres et la température s'élève à 19.3°C.
Le nord est caractérisé par un climat méditerranéen. Les précipitations moyennes s'échelonnent entre 40 et 100 centimètres et sont surtout enregistrées pendant les mois d'hiver où la température reste clémente. Les étés sont chauds et secs. Des forêts de chênes-lièges et de chênes-verts recouvrent les versants les plus humides et les plus reculés du massif du Northern Tell. La pratique abusive du défrichage caractérisé par l'abattage intensif des arbres destinés à servir de combustible et la mise en place incontrôlée de pâturages, ainsi que les précipitations peu importantes expliquent que la végétation soit en général presque exclusivement composée d'arbustes, de buissons et d' herbes. A Tunis, les précipitations annuelles les moins importantes ne dépassent pas 57,2 centimètres et la température s'élève en moyenne à 18°C (64°F).
Voir article complet : La Tunisie dans l'Antiquité
Voir article complet : Tunisie : histoire du pays
Après la Seconde Guerre mondiale, la Tunisie libérée, les Français en profitèrent pour retirer aux colons italiens leur statut privilégié et des poursuites furent engagées contre les nationalistes du Destour qui s'étaient compromis avec l'occupant allemand. Le Néo-Destour, s'appuyant sur l'Union générale du travail (UGTT) de Ferhat Hatched, avait le champ libre. Suite à la chute de Diên Biên Phù en Indochine, dans un climat national tendu, Mendès France, président du Conseil, vint annoncer au bey que le gouvernement français avait l'intention d'accorder une autonomie sans restriction à la régence tunisienne (discours de Carthage du 31 juillet 1954). Deux ans plus tard, le protocole du 20 mars 1956 accordait l'indépendance au royaume tunisien et abolissait les clauses du traité du Bardo du 12 mai 1881.
En 1957, le bey fut déposé, la république proclamée et la présidence revint au « combattant suprême », Habib Bourguiba. Aux élections du 23 mars 1956, le Destour et ses alliés de l'UGTT, regroupés au sein d'un Front national, remportèrent tous les sièges. L'Assemblée accorda à Bourguiba une Constitution sur mesure, interdisant l'émergence de tout parti concurrent. Le Parti communiste tunisien fut interdit en 1963. Le nouveau code du travail réglementant le droit de grève entra en vigueur en 1966. L'État fut modernisé et occidentalisé. Un code du statut personnel en août 1956 interdit la polygamie et instaura le divorce par consentement mutuel. La crise sanglante de Bizerte obligea la France à évacuer sa base navale en Tunisie, en octobre 1963. Les terres appartenant aux étrangers furent nationalisées en 1964. Bourguiba poursuivit une politique de modernisation, appuyée sur un fort secteur étatique et coopératif, et bénéficiant d'une aide financière importante des États-Unis, en raison de sa politique modérée et modératrice au sein du monde arabe.
La croissance des années soixante-dix a fait place à la montée du chômage et à l'exode rural. Le 26 juillet 1978 Habib Achour, secrétaire général de l'UGTT, appela à une grève générale qui dégénéra en émeute. En 1984, l'armée fut contrainte d'intervenir après le soulèvement suscité par la hausse des prix des denrées de première nécessité; le calme ne revint qu'avec la promesse de Bourguiba de les annuler. Le Mouvement de la tendance islamiste (MTI) ne s'organisa véritablement qu'à partir de 1981. Depuis, il subit une répression policière et judiciaire permanente. Le 7 novembre 1987, le général Zine el-Abdine ben Ali destitua le président Bourguiba pour incapacité à gouverner et lui succéda. En 1989, il fut élu président de la République et réélu en 1994 tout en disposant à l'Assemblée nationale de la majorité des sièges obtenus par le Rassemblement constitutionnel démocratique.
Ben Ali introduisit des réformes constitutionnelles et autorisa les partis d'opposition. Il conserva les alliances de la Tunisie avec les Occidentaux tout en contrecarrant les pressions des intégristes en mettant lui-même l'accent sur le caractère arabe et islamiste du pays.
D'après les termes de la constitution établie en 1959, les membres du corps législatif et le président devaient être élus tous les cinq ans au suffrage universel direct. La constitution spécifiait également que le président ne pouvait en aucun cas assurer plus de trois mandats successifs. Après avoir été réélu trois fois en 1964, 1969, et 1974, Bourguiba fut nommé président à vie en 1975 et continua à assurer ses fonctions pendant encore 12 ans. Le 7 novembre 1987, le président âgé de 84 ans fut renversé par Zine al-Bidine Ben Ali, que Bourguiba avait nommeé premier ministre un mois plus tôt. Ce coup d'état s'effectua se fit en douceur. Ben Ali fut ensuite réélu en 1989 et en 1994 sans rencontrer de véritable opposition politique.
En mars 1994 selon un nouveau système et pour une Assemblée nationale plus large comptant 163 membres. L'ADC remporta 144 sièges et les 19 autres furent répartis proportionnellement entre les partis d'opposition, leur assurant enfin une représentation au gouvernement. Ben Ali fut réélu sans opposition à la présidence avec le soutien de la plupart des partis. L'âge électoral est fixé à 20 ans; les électeurs doivent détenir la citoyenneté depuis au moins cinq ans.
Les Tunisiens vivent en grande majorité dans les zones urbaines. La population rurale est concentrée dans les régions agricoles prospères et fertiles du nord-est du pays et du Sahel. La langue officielle de la Tunisie est l'arabe. Le français est enseigné en tant que deuxième langue vivante dans le système scolaire, il est aussi largement utilisé dans le secteur du commerce et par le gouvernement.
L'islam est la religion d'état. Les musulmans sunnites représentent 99% de la population. Les Berbères vivent, quant à eux, dans des communautés isolées et peu nombreuses qui se sont établies dans le sud de la Tunisie. On estime que 62% de la population sait lire et écrire. L'enseignement primaire et secondaire est obligatoire. L'université de Tunis a été fondée en 1960.
Le couscous est le plat national, composé de semoule étuvée et épicée recouverte de légumes et de viandes. Le brick est un mince beignet frit, farci d'un oeuf, de légumes cuits et de thon. Le tajine se présente comme une cassolette mijotée de légumes et de viande. Le poulet et l'agneau sont très communs, et le poisson abonde sur la côte. Les Tunisiens font un grand usage des oignons, des olives, des pommes de terre et des poivrons. On trouve sur les marchés une profusion de dattes, d'oranges, d'abricots, de pastèques, de nectarines ainsi que de figues, «le sultan de tous les fruits». La consommation d'alcool et de porc est interdite par l'islam, mais on trouve de l'alcool dans les grandes villes.
Selon l'usage, les Tunisiens mangent avec les doigts dans un plat commun, utilisant du pain pour recueillir des mets ou prendre de la sauce. Manger à l'occidentale, avec une assiette et des couverts, est tout aussi fréquent. L'hôte insiste à plusieurs reprises pour que ses invités se servent une deuxième ou une troisième fois. Il est poli d'accepter. Lorsque le repas est terminé, l'expression Hamdullah («Dieu merci») témoigne du plaisir ressenti et de la gratitude de l'invité.
Amis et membres de la famille se saluent en s'embrassant sur la joue, sinon on se serre la main. Les manifestations de chaleur et d'empressement font partie intégrante du rituel du salut. On doit s'enquérir de la santé de l'interlocuteur et de sa famille avant d'aborder un autre sujet de conversation. Les salutations habituelles sont Ass'lama («Salut»), Bisslama («Au revoir»), Sabah El-Kheer («Bonjour») et Tass'bah Ala Kheer («Bonsoir»).
La famille et les amis se rendent fréquemment visite, à l'improviste, souvent tard dans la soirée. Ces visites peuvent durer plusieurs heures. On offre généralement à boire et à manger aux invités qui doivent au moins goûter pour ne pas offenser leur hôte. On emploie le mot mabrouk pour féliciter quelqu'un d'événements comme son mariage, l'obtention d'un diplôme, d'un nouveau travail ou l'achat d'une maison.
La musique, le cinéma (mais de plus en plus sur cassettes vidéo), le football, le volley-ball de plage et les visites aux parents et amis sont parmi les activités de détente les plus populaires. Les Tunisiens jouent également beaucoup au shkubbah, un jeu de cartes traditionnel. Les festivals organisés en été dans tout le pays attirent des foules nombreuses. Les cafés sont fréquentés avant tout par les hommes, les femmes ne s'y rendant qu'accompagnées.
Les jours fériés laïcs suivent le calendrier occidental, tandis que les jours fériés religieux suivent le calendrier musulman (lunaire) et tombent chaque année à des dates différentes. La période de congés la plus importante est le mois du Ramadan, au cours duquel les musulmans jeûnent du lever au coucher du soleil; à la tombée de la nuit, ils participent à des soirées animées qui comprennent des repas de fête, des carnavals, du shopping et des cérémonies. Pendant le ramadan, les étrangers ne sont pas obligés de jeûner mais, dans les zones reculées, ils peuvent offenser s'ils cherchent à se joindre aux fêtes nocturnes musulmanes. L'Aïd al-Séghir marque la fin du Ramadan. Pendant ces deux jours fériés, les gens portent leurs plus beaux vêtements et rendent visite à leurs amis et parents, apportant présents et gâteaux. Les autres jours fériés sont le Ras Am al ejri, le Nouvel An islamique, El Mouled, l'anniversaire du prophète Mahomet et l'Aïd al-Kebir, qui commémore le sacrifice d'Abraham.
Les jours fériés laïcs comprennent le jour de l'An (1er janvier), le jour de l'Indépendance (20 mars), le jour des Martyrs (9 avril), la fête du Travail (1er mai), le jour de la République (25 juillet), la journée des Femmes (13 août) et le jour de l'Évacuation (15 octobre, qui célèbre ce jour de 1963 où les troupes françaises ont quitté le territoire tunisien).
L'agriculture tunisienne emploie un tiers des actifs. Les principales céréales cultivées sont: le blé, l'orge, le maïs, l'avoine et le sorgho. La culture du raisin, des figues et des oranges est concentrée dans la région du Cap Bon, près de Tunis et de Bizerte.
Les oliveraies s'étendent, quant à elles, dans le Sahel près de la ville de Sfax (ou Safaqis). Bien que l'importance de la production d'olives soit variable, la Tunisie est généralement le quatrième pays producteur d'huile d'olive du monde. Les dattes sont, par ailleurs, cultivées dans les régions de Gafsa, de Nefta et de Tozeur, ainsi que dans d'autres oasis situées dans le sud de la Tunisie. Environ 9 millions d'hectares sont mis en culture tout au long de l'année. La plupart des cultures n'ont pas recours à la pratique de l'irrigation.
L'importance des productions agricoles varie énormément d'une année à l'autre à cause de l'irrégularité des pluies qui arrosent le pays. La Tunisie a été obligée d'importer des céréales car elle devait faire face à une demande que la production nationale était bien incapable de satisfaire. Bien qu'un programme ambitieux d'irrigation ait commencé à être mis en place, il n'est possible d'irriguer à l'heure actuelle que 200.000 hectares.
La Tunisie possède d'importantes ressources pétrolières et de phosphate de chaux. Le pétrole constitue, en valeur, le produit d'exportation le plus important. Les premiers gisements ont été découverts en 1964 dans la région d'El Borma, à proximité de la frontière algérienne, dans le sud de la Tunisie.
La production de pétrole est assurée par: sept gisements situés sur le territoire tunisien et trois gisements situés dans le golfe de Gabès au large des côtes. Ces trois derniers gisements représentent, à eux seuls, la moitié de la production totale. Le pétrole brut extrait dans la région d'El Borma est ensuite acheminé grâce à un oléoduc. D'autres oléoducs assurent l'acheminement du pétrole en provenance des gisements répartis sur le reste du territoire tunisien. La plus grande partie de la production de gaz naturel provient du gisement d'El Borma. Les industries tunisiennes représentent un quart du produit national brut, soit le double de ce que rapporte l'agriculture. Tunis abrite le principal site industriel. Mais les industries se répartissent aussi dans d'autres villes tunisiennes. Les principales usines concernent la fabrication du ciment, de machines, de produits chimiques, de papier et de bois. L'industrie chimique est spécialisée dans la transformation du phosphate en engrais et en en acide phosphorique. La région de Bizerte abrite deux aciéries. L'électricité est produite par 20 centrales électriques disséminées sur tout le territoire qui fonctionnent, pour la plupart, au charbon.
La Tunisie est l'un des plus grands producteurs de phosphate de chaux du monde. Celui-ci est extrait dans plusieurs gisements situés dans le centre de la Tunisie et sa transformation s'effectue ensuite à Gafsa et à Gabès. La production est alors exportée par le port de Sfax. La Tunisie dispose également de mines de fer, de zinc et de plomb. Tunis, la capitale, est aussi la ville la plus importante. Elle compte environ 620.000 habitants. Un canal la relie au port principal d'Halq el Oued (en français le port de La Goulette) situé dans le golfe de Tunis. Vient ensuite en second la ville et port de Sfax. Les villes de Sousse, Bizerte et Gabès sont plus petites mais sont toutes dotées d'un site portuaire. Kairouan et Gafsa sont d'importants centres régionaux. Les moyens de transports sont particulièrement bien développés. Le réseau routier s'étend en effet sur environ 11 19.000 kilomètres et les autoroutes sillonnent le pays sur une distance de 2.100 kilomètres. La Tunisie dispose de cinq aéroports internationaux, deux d'entre eux desservent la ville de Tunis.
Un bon réseau routier relie toutes les villes et bourgades. Les chemins de fer desservent les régions nord et côtière. Tunis, la capitale, possède un excellent réseau de tramways. Les autobus représentent la forme la plus courante des transports publics. Des taxis de groupe, que l'on peut louer, circulent entre les villes et sont plus rapides que les autobus. La plupart des familles ne possèdent pas de voiture, mais beaucoup de gens ont une moto ou un vélo. Dans les campagnes, des charrettes tirées par un âne sont parfois utilisées pour transporter marchandises et légumes. Le service téléphonique est correct, le service postal fiable. Relativement peu de gens ont le téléphone à domicile, mais les bureaux de poste possèdent des appareils publics. La presse est contrôlée par le gouvernement. Il existe quatre chaînes de télévision et plusieurs stations de radio.
L'école primaire est obligatoire et gratuite. Environ la moitié des élèves vont au lycée (entre la 7e et la 13e année). Après la 10e année, les élèves choisissent entre deux orientations : lettres (sciences humaines et sociales) ou sciences (mathématiques et sciences exactes). L'examen du baccalauréat a lieu à la fin de la 13e année; les étudiants qui le réussissent peuvent poursuivre leur formation à l'université. L'enseignement est donné en français et en arabe, mais la tendance est à promouvoir l'arabe.