La découverte des chaînes montagneuses marocaines et du vaste désert du Sahara commence avec une visite des villes et des villages du Moyen Atlas. La petite ville d'Azrou, d'abord, qui porte le nom de l'énorme escarpement rocheux sur lequel elle se situe. Non loin de là, se trouve la station de ski d'Ifrane, construite par les Français en 1929, qui ressemble à s'y méprendre à une station de sports d'hiver dans les Alpes. Au sud d'Azrou, on jouit de quelques-uns des plus somptueux paysages du Moyen Atlas. En franchissant les montagnes en direction de Khenifra, on passe les cascades tonitruantes de l'Oum er-Rebia, source du plus grand fleuve marocain. Le village berbère d'Ain Leub, à proximité, vaut le détour ne serait-ce que pour visiter les ruines de la casbah construite par le sultan Moulay Ismaïl. De là, la route de Midelt, célèbre pour son marché aux tapis, se faufile à travers les forêts de cèdres et de pins de la vallée de Gigou.
Le Haut Atlas, la plus grande chaîne de montagnes marocaine, fait barrière entre les plaines du nord et le Sahara, au sud. Jusqu'à ce que les Français entament la campagne de “pacification” du Maroc dans les années 1920, cette région était presque aussi isolée du monde que le Tibet. Les seigneurs féodaux de l'Atlas contrôlaient les trois principales passes de la chaîne, la Tishka, le n'Test et l'Imi n'Tanaout ; aujourd'hui encore, la plupart des Berbères de l'Atlas sont relativement à l'abri de toute ingérence gouvernementale, et rares sont ceux qui paient des impôts. L'architecture berbère des montagnes inclut des ksour et des silos collectifs appelés agadir. Les femmes berbères ne portent pas le voile et accomplissent l'essentiel des tâches ardues, tandis que les hommes se chargent de la plupart des transactions commerciales. Les touristes découvrent en ces montagnards des gens extrêmement sympathiques.
Les randonnées dans l'Atlas sont aujourd'hui très populaires parmi les étrangers et offrent des paysages spectaculaires. Les pics les plus élevés se situent dans le parc national de Toubkal, à deux heures de voiture environ de Marrakech. On éprouve une merveilleuse sensation d'éloignement en approchant des contreforts du mont Toubkal, culminant à 4 190 m d'altitude, la cime la plus élevée de toute l'Afrique du Nord. Ici, les villages paraissent empilés les uns sur les autres ; l'on voit des femmes marcher de vallée en vallée dans leurs robes multicolores.
Dès que l'on a franchi le Haut Atlas, le Sahara s'étend sous vos yeux à perte de vue avec, au premier plan, des perspectives magnifiques sur les vallées du Draa, du Dades, du Todrha et du Tafilalet. Des oasis de palmiers et des villages de pisé s'éparpillent dans l'immensité du désert. Les grandes caravanes s'acheminaient jadis à travers cette région, pour pénétrer dans les profondeurs de l'Afrique où elles échangeaient leur cargaison de sel contre un poids équivalent d'or. Du temps de la colonisation française, les dattes devinrent la base de l'économie régionale.
Depuis Marrakech ou Taroudant, il faut environ six heures pour atteindre la ville saharienne d'Ouarzazate. L'abrupt djebel Sarho, la plus escarpée de toutes les chaînes de l'Atlas, sépare Ouarzazate de Zagora. La région est peuplée de Berbères et d'Harratins, descendants noirs des esclaves soudanais. Zagora, qui constitue une étape sur le chemin de Tombouctou, possède de magnifiques palmeraies et une casbah fort bien conservée.
Si cela vous est possible, prenez le temps d'emprunter l'un des itinéraires les plus spectaculaires du sud, la route qui conduit d'Er Rachidia à la grande oasis de Figuig. Presqu'à la frontière algérienne, cette dernière est l'une des plus vastes palmeraies d'Afrique du Nord. Au sud-ouest, on atteint la ville côtière d'Agadir, presque totalement détruite par un tremblement de terre en 1960, et qui n'est guère plus aujourd'hui qu'une agglomération moderne et une station balnéaire populaire. Plus au sud, se trouve le petit port de Sidi Ifni, rendu au Maroc par l'Espagne en 1969 seulement, et riche d'une architecture coloniale espagnole grandiose. Les principales villes de l'Anti-Atlas sont Taroudant et ses célèbres remparts, Tiznit et Goulimine.
Les conditions climatiques sont particulièrement agréables de la mi-février au mois de juin, et de la mi-septembre à la fin octobre. Il faut s'attendre à des chutes de neige en montagne de novembre à février, et à de fortes précipitations partout ailleurs, quoique le mauvais temps ne se prolonge jamais longtemps. Le pays possède un réseau routier tout à fait convenable, mais il faut s'assurer de disposer de réserves d'essence suffisantes, surtout dans le sud, car les distances entre les stations-service sont assez longues.
La nourriture est souvent délicieuse et bon marché presque partout. La cuisine marocaine est célèbre, à juste titre, et l'on trouve des restaurants français, espagnols et italiens dans toutes les grandes villes. Le choix devient limité lorsque l'on quitte les sentiers battus, mais d'innombrables chouaï (grills) offrent des brochettes de viande et de saucisses, et les prix sont aussi sympathiques que les gens que l'on rencontre.