L'histoire de la Mésopotamie commence avec la civilisation sumérienne, venue des hauts-plateaux de l'Iran et de l'Anatolie du Nord en 3.000 avant J.-C. Deux royaumes séparés, celui de Sumer et celui d'Akkad, fusionnent en 2.350 avant J.-C. et forment une nation unique sous le règne du roi Sargon d'Akkad. Puis, en 2.000 avant J.-C., la nation passe sous la domination des Amorrites, dont le roi Hammourabi rend la ville de Babylone célèbre, bien qu'il soit plus connu pour la rédaction d'un ensemble de lois. Après sa mort, le pays subit l'invasion des Hittites puis des Kassites, qui fondent le royaume d'Assyrie en 1350 avant J.-C., dont la capitale, Ashur, est transférée à Mosul en 720 avant J.-C.
Durant le siècle suivant, les Assyriens, affaiblis par une série d'invasions, succombent aux Chaldéens, qui règneront pendant 40 ans et dont le roi, Nabuchodonosor, fait reconstruire la ville de Babylone. Les Perses, sous la direction de Cyrus le Grand, conquièrent le pays en 539, et règnent jusqu'à l'arrivée d'Alexandre le Grand en 331 avant J.-C. Ses successeurs, les Seleucides, règnent pendant 175 ans, durant lesquels l'influence grecque est primordiale. Ils sont ensuite remplacés par les envahisseurs perses, les Parthes, puis les Sassanides, qui transfèrent la capitale à Ctesiphon, sur le Tigre. Durant le règne perse, le pays se dote de nombreux systèmes d'irrigation et de canaux.
Une nouvelle ère commence en 637 après J.-C., lorsque l'empire sassanide, affaibli par ses combats avec les Byzantins situés à l'ouest, succombe à l'invasion des tribus arabes, porteuses d'une nouvelle religion, l'islam. La première dynastie musulmane, celle des Umayyad, s'établit à Damas, en Syrie. En 750 après J.-C., les conflits de succession et la discorde régnant entre musulmans Arabes et Perses provoque l'établissement de la dynastie abbasside en Irak, qui établit sa capitale à Bagdad.
Cette dynastie reste à la tête du pays de 750 à 1258, une période où la culture arabe musulmane côtoie l'art et l'administration perse. De nombreux ouvrages philosophiques et scientifiques grecs et romains sont traduits en arabes et parfois remaniés afin d'inclure des valeurs et des concepts islamiques.
Les contes des mille et une nuits, racontés par Schéhérazade, donnent une idée de la vie à la cour d'un des plus célèbres roi abbasside, le calife Haroun ar-Rachid. Des contes tels que Sinbad le marin, Ali Baba et les quarante voleurs, et Aladdin et la lampe magique, décrivent le mode de vie de l'époque, et montrent que le rôle du grand vizir, ou ministre royal, dans la direction des affaires de l'Etat est directement inspiré des pratiques administratives perses.
La dynastie abbasside commence à décliner et tombe sous la tutelle de l'empire turc seldjoukide, basé à Esfahan. Les Turcs sont nommés aux postes administratifs les plus importans. Le rôle du grand vizir ne cesse de croitre, si bien qu'au début du XIIe siècle, le calife abbasside n'est plus qu'un fantoche sans aucun pouvoir réel. Néanmoins, la dynastie abbasside survit jusqu'à l'invasion des Mongols, qui s'emparent de Bagdad en 1258. L'Irak devient alors un pays de petits royaumes.
Les Ottomans conquièrent Bagdad en 1534, et envoient des administrateurs s'occuper de ce qu'ils considèrent comme une province éloignée de l'empire. L'Empire ottoman régnait alors sur l'Egypte, la Syrie, et certaines régions d'Arabie, dont les villes saintes de La Mecque et de Médina. Pour gouverner l'Irak, les Ottomans comprennent qu'il leur faut maintenir la paix avec les différentes tribus bédouines, qui ont une forte influence dans les régions faiblement peuplées. Les administrateurs ottomans payent les cheiks les plus influents et ceux-ci s'engagent en échange à ne pas prendre les armes et à ne pas s'attaquer aux villes. Ce système reste en place durant plusieurs siècles.
A la fin du XIXe siècle, certaines factions du régime ottoman commencent à mettre en place une politique de discrimination à l'égard des différentes minorités ethniques de l'empire. L'un de ces groupes, appelé les Jeunes Turcs, favorise la suprémacie de la culture et de la langue turque et considère les non-turcs comme des citoyens de seconde classe. Lorsqu'ils arrivent au pouvoir, leur politique de discrimination provoque la colère des Irakiens.
Durant la Première Guerre Mondiale, les Ottomans s'allient aux Allemands. Les Britanniques, désireux de protéger leur passage vers l'Inde à travers le Moyen-Orient, établissent un protectorat en Egypte et soutiennent les Hashemites de La Mecque et de Medina lors de leur révolte contre les Ottomans. Ils envoient également des forces en Irak, non seulement pour assurer leur position au Moyen-Orient, mais également pour protéger leurs intérêts dans la Société Pétrolière Anglo-Iranienne. En novembre 1914, les troupes anglaises arrivent à Al Faw et s'avancent vers Al Kut, où elles sont encerclées par les Turcs et finissent par se rendre en avril 1916, après que T.E. Lawrence, plus connu sous le nom de Lawrence d'Arabie, ait parlementé, mais en vain, avec le commandant se trouvant à la tête des forces turques. Malgré ce revers, les Britanniques finissent par prendre Bagdad en mars 1917. Après la guerre, la Grande Bretagne obtient de la Société des Nations un mandat pour administrer l'Irak jusqu'à ce que ce pays établisse son propre gouvernement. Les Irakiens sont furieux et une insurrection éclate dans le nord du pays en 1920.
Les Britanniques décident alors en 1921 de placer sur le trone un membre de la famille Hashemite, Ali ibn Husayn, sous le nom de Roi Faïçal Ier. L'Irak obtient son indépendance en 1932, mais garde certains liens avec la Grande Bretagne, en particulier dans le domaine de l'administration et du commerce extérieur. En 1945, l'Irak devient un des membres fondateurs de la Ligue Arabe et de l'Organisation des Nations Unies.
L'Irak conserve un statut de monarchie constitutionnelle parlementaire jusqu'en 1958, quand le gouvernement est renversé par un coup d'Etat. Le jeune roi Faïçal II est assassiné, ainsi que le régent Abd Ul Ilah et l'Irak devient une république, sous la direction du Général Abd el-Karim Kassem. Celui-ci est à son tour renversé et exécuté en 1963 suite à un nouveau coup d'Etat conduit conjointement par l'armée et par le parti Baath, également connu sous le nom de résurrection socialiste arabe. Le Colonel Abdul Salam Aref devient alors président. Il est tué en 1966 dans un accident d'hélicoptère et son frère Abdul Rahman Aref lui succède, puis est renversé en 1968 par le général Ahmed Hasan al-Bakr.
Sous la présidence de celui-ci, les conflits entre le gouvernement et la minorité kurde s'intensifient. Durant les années 20, l'Iran et l'Irak coopéraient pour contrôler les Kurdes vivant des deux côtés de la fontière, mais après le coup d'Etat de 1968, chaque pays commence à soutenir les rebelles kurdes vivant dans le territoire de l'autre pays. En 1974, des troupes Irakiennes sont envoyées dans le nord du pays pour mater l'insurrection kurde et en 1975, l'Irak signe un accord avec l'Iran, qui accepte de cesser son aide aux rebelles kurdes. Ceux-ci fuient en Iran. Durant la présidence de Bakr, les liens entre l'Irak et l'Union soviétique sont renforcés, celle-ci ayant apporté son soutien à l'Irak contre les Kurdes. Cependant les relations avec l'Iran demeurent tendues. Lorsque le Shah est renversé en 1979, l'Irak soutient le nouveau régime iranien, mais les deux pays entrent en guerre en 1980, après que l'Irak ait annulé un traité donnant à l'Iran un droit de passage sur le Chatt al-Arab. Bakr démissionne de la présidence en 1979, et Sadam Hussein lui succède. La guerre avec l'Iran s'intensifie durant les années 80, jusqu'en 1988, où les deux pays signent un cessez-le-feu.
En juillet 1990, l'Irak accuse le Koweït de ne pas respecter les quotas pétroliers et lui conteste le droit d'exploiter un gisement de pétrole situé à la frontière. Début août, les troupes Irakiennes envahissent le Koweït, renversent le gouvernement et annexent le pays. Le conseil de sécurité des Nations Unies impose un embargo commercial sur l'Irak et lui ordonne de se retirer avant le 15 janvier 1991. A l'expiration de l'ultimatum, une coalition militaire dirigée par les Etas-Unis intervient au Koweït et déclenche l'opération “tempête du désert”.
Le 27 février, le Koweït est libéré et l'Irak accepte la résolution du conseil de sécurité demandant la destruction de tout son armement chimique, biologique, ballistique et nucléaire, mais refuse l'inspection conduite par les Nation Unis.
L'attention internationale se tourne vers les Kurdes, dont la rébellion est sauvagement écrasée par l'Irak. En octobre 1995, un référendum reconduit Saddam Hussein pour 7 ans.