Ancienne région de Mésopotamie, connue à l'origine sous le nom de Sumer et Akkad, qui s'étend entre le Tigre et l'Euphrate, au sud de l'actuelle ville de Bagdad, en Irak.
La civilisation babylonienne, qui a duré du XVIIIème au VIème siècle avant J.-C., est relativement urbaine, même si elle repose sur l'agriculture. Le pays est constitué d'une douzaine de cités, elles-mêmes entourées de villages. Le roi, monarque quasi-absolu, est à la tête de la structure politique, et détient les pouvoirs exécutifs, législatifs et judiciaires. Les maires et les conciles sont chargés de l'administration locale. Les Babyloniens transforment leur héritage sumérien selon leur propre culture. Ce mode de vie ne connaît presque aucune modification en 1.200 ans, et exerce une grande influence sur les pays voisins. Le fameux code d'Hammourabi donne une idée juste de la structure sociale et économique de la société babylonienne. Celle-ci est divisée en trois classes : les personnes libres de la haute société, les esclaves et, entre les deux, les personnes de condition moyenne. Les esclaves sont en général des prisonniers de guerre, parfois aussi des citoyens punis ou des enfants vendus par leurs parents. Tous les châtiments sont permis pour les esclaves mais il reste plus avantageux de les garder en bonne santé. Ils ont le droit d'acheter leur liberté selon le prix du marché.
La famille est la base de l'unité de la société babylonienne. Les mariages sont arrangés par les parents. Le mari peut toutefois obtenir le divorce assez facilement. En outre, si la première épouse ne parvient pas à porter d'enfant à terme, le mari peut épouser une seconde femme. Les enfant sont sous l'autorité absolue de leur parents, qui peuvent les déshériter.
La population des cités babyloniennes ne peut être estimée avec précision, mais se situe probablement entre 10.000 et 50.000 habitants. Les rues sont étroites et tortueuses, le plus souvent dépourvues de pavage. La maison consiste généralement en un assemblage de salles autour d'une cour intérieure, sur un seul étage. Plus spacieuses, les demeures des notables comptent deux étages et une douzaine de pièces, notamment un salon, une cuisine, une salle de bains et parfois même une chapelle privée. Les meubles sont constitués de tables basses, de chaises au dossier droit et de lits en bois. La vaisselle est faite en argile, en pierre, en cuivre ou en bronze. Les murs et le sol sont ornés de peaux et de tapisseries de laine.
La maison est située près du mausolée où reposent les morts. Les Babyloniens croient que les âmes des morts voyagent dans l'au-delà, où la vie continue comme sur Terre. Pour cette raison, on enterre avec le cadavre des jarres, des outils, des armes et des bijoux. Les Babyloniens ont hérité des techniques d'irrigation et d'agriculture sumériennes. Comme les Sumériens, les Babyloniens comptent en base soixante. Les mesures le longueur, de surface et de poids standardisées par les Sumériens restent en usage.
L'agriculture est un travail compliqué, qui demande de l'adresse et de la vivacité. On a récemment retrouvé un véritable almanach du fermier rédigé en sumérien, encore en usage à Babylone. Les artisans babyloniens sont réputés pour leur habileté dans les domaines de la métallurgie et de la préparation des peintures, des cosmétiques et des parfums. En médecine, on pratique la chirurgie, si l'on en croit le Code d'Hammourabi, lequel consacre plusieurs paragraphes au chirurgien. La pharmacologie avait sans aucun doute fait d'immenses progrès depuis les Sumériens.
La justice est rendue par des cours rassemblant de un à quatre juges. Les juges ne peuvent pas revenir sur leurs décisions, mais le plaignant peut faire appel auprès du roi. Les témoignages comme les documents écrits peuvent faire office de preuve. Les serments jouent un rôle considérable. Les sanctions pénales vont de la peine de mort à l'esclavage, de la mutilation à l'exil. On estime les dommages et intérêts entre 3 et 30 fois la valeur de l'objet détruit ou dérobé.
Les Babyloniens utilisent l'écriture cunéiforme et conservent le système sumérien d'éducation afin de former les scribes, les secrétaires et les archivistes. Il s'agit principalement de copier des ouvrages et des dictionnaires, comportant de longues listes de vocabulaire ainsi qu'un large assortiment de problèmes mathématiques. Les études littéraires comprennent la copie et l'imitation de mythes, chansons épiques, hymnes, lamentations et proverbes tant en babylonien qu'en sumérien.
Nous ne pouvons pas dater précisément les diverses périodes de l'archéologie moyen-orientale. Les professeurs d'université suivent au moins trois systèmes chronologiques différents : haut, moyen ou bas selon qu'ils datent de 1848, 1792 ou 1728 avant J.-C., la première année du règne d'Hammourabi. Nous suivons ci-après la chronologie moyenne.
Autour de 2000 avant J.-C., le dernier chef de la Dynastie d'Our est emmené en captivité par les Elamites. Les royaumes de Sumer et d'Akkad disparaissent. Tout d'abord, la cité d'Isin tente de contrôler ces deux royaumes, mais elle ne peut affirmer sa domination, car la cité de Larsa étend son autorité sur les régions du sud. Les deux cités entrent en guerre. Autour de 1790 avant J.-C., le roi de Larsa conquiert Isin, mais ne peut jouir de sa victoire. En effet, dans la petite cité de Babylone règne à présent Hammourabi. Il associe adresse diplomatique et ingéniosité stratégique. Il élimine plusieurs rois de la région et, aux alentours de 1760 avant J.-C., devient le chef incontesté d'un royaume unifié qui s'étend du golfe Persique à la rivière Habur.
On considère que l'histoire de Babylone commence avec Hammourabi. A la fin du règne de son fils Samsiluna en 1712, la civilisation babylonienne atteint son apogée. Les principales cités commencent à réclamer leur indépendance. Samsiluna doit également, au cours de son règne, combattre les envahisseurs kassites, et faire face à la rébellion sécessionniste d'Iluma-ilum. Les successeurs de Samsiluna voient leur puissance se réduire et leur territoire perdre de l'étendue. Quand, en 1595 avant J.-C., une armée hittite entre victorieuse dans Babylone, le royaume s'écroule. Par la suite, au milieu du XVIème siècle avant J.-C., Babylone tombe aux mains des Kassites, qui restaurent sa puissance. Au début du XVème siècle avant J.-C., Babylone est, avec l'Egypte et les Empires mitanni et hittite, l'une des quatre plus grandes puissances d'Orient.
L'Assyrie se libère de la domination mitannienne au début du XIVème siècle avant J.-C. et parvient à contrôler Babylone qui, affaiblie, tombe aux mains des Elamites. Ces derniers déposent le roi et placent la ville sous leur autorité. A la suite d'une révolte, les Babyloniens instaurent la IIème dynastie d'Isin. A la fin du XIIème siècle avant J.-C., Nabuchodonosor Ier (1125-1103 avant J.-C.), l'un des rois d'Isin, défait les Elamites et va jusqu'à attaquer les Assyriens. Peu après, des nomades araméens occupent Babylone. Pendant deux siècles, le royaume demeure dans le chaos politique.
Au début du IXème siècle avant J.-C., les Chaldéens dominent la région autour du golfe Persique, et jouent un rôle croissant dans l'histoire de l'Orient. Ils participent à la chute de l'Empire assyrien et font de l'ancienne Babylone, renommée Chaldée, la puissance dominante de Mésopotamie. Sous le règne de Merodachbaladan II (722-710 avant J.-C.), Babylone est détruite par le monarque assyrien Sennacherib.
Les successeurs de ce dernier, Asarhaddon et Assourbanipal, conservent le contrôle politique du royaume de Babylone en dépit de nombreuses rebellions. En 626 avant J.-C., alors que l'Assyrie est menacée par les Mèdes, les Scythes et les Cimmériens, un Chaldéen, Nabopolazar, se proclame roi de Babylone. Il s'allie avec les Mèdes pour vaincre les Assyriens. Ces derniers étant battus, l'Egypte commence à menacer la Palestine et la Syrie. Le fils de Nabopolazar, Nabuchodonosor II, écrase les Egyptiens à Karkemish. Il règne pendant 43 ans et étend le contrôle politique de Babylone sur toute la Mésopotamie. Dans la Bible, il est connu pour avoir détruit Jérusalem. Les archéologues et les historiens voient plutôt en lui un grand constructeur. Il reconstruit Babylone et restaure les temples.
Après la mort de Nabuchodonosor II, en 562 avant J.-C., commence une lutte pour le pouvoir entre diverses factions. En 556 avant J.-C., Nabidinus devient roi de Babylone. Personnage énigmatique, il quitte Babylone pour la cité d'Harran et l'oasis de Teima. En 539 avant J.-C., les Babyloniens sont battus par le roi perse Cyrus le Grand, lequel annexe Babylone à son royaume, lui faisant perdre définitivement son indépendance. Plus de 1.200 ans se sont écoulés depuis le règne glorieux d'Hammourabi. Au cours de cette période, les structures sociales, l'organisation économique, les arts, les techniques, la science et la littérature, ainsi que les systèmes juridiques et les croyances religieuses, ont subi de considérables modifications, mais davantage sur des points de détail que dans leur essence. Complètement fondée sur la culture sumérienne, Babylone a laissé une très forte impression dans tout le monde antique, et particulièrement chez les Grecs et les Hébreux. On retrouve la culture babylonienne dans la Bible, les oeuvres des poètes grecs tels que Homère et Hésiode et dans la géométrie d'Euclide.