Capitale de l'Egypte située au sud du delta du Nil, Le Caire, appelé al-Qahira (la triomphante) en arabe, est la plus grande ville d'Afrique et du Moyen-Orient, mais aussi un centre culturel islamique depuis plus de 1.000 ans.
La région du Caire est la principale région industrielle du plus peuplé des Etats arabes. Les principales industries sont l'industrie textile, les produits alimentaires, l'équipement pour le bâtiment, la construction automobile et aéronautique, l'édition et les engrais chimiques. Une grande aciérie se trouve dans la banlieue proche de Helwan. L'industrie du tourisme est également très importante au Caire.
De nombreux journaux y sont publiés. Beaucoup d'entre eux, comme le semi-officiel Al-Ahram (qui publie un hebdomadaire en français), exercent une grande influence dans le monde arabe. Il existe au Caire plusieurs institutions d'enseignement supérieur, dont l'université al-Azhar, une des plus vieilles universités du monde. Fondée en 970, elle est spécialisée dans le droit et la jurisprudence islamiques. L'Université du Caire (1908) et l'université privée Ain Shams (1950), à Gizeh, près du Caire, comptent chacune plus de 60.000 étudiants chaque année.
Presque la totalité du Caire est située sur la rive orientale du Nil. La ville moderne se concentre autour de la place al-Tahrir, quartier d'affaires de style occidental où se trouvent également les principaux ministères. La Corniche, qui longe le Nil, est le quartier des hôtels de luxes et des ambassades. A l'est du quartier des affaires s'étend la cité médiévale où les habitations et les petites entreprises industrielles se mêlent aux mosquées et aux minarets. Les quartiers de Boulaq au nord et celui du vieux Caire au sud du centre-ville sont les plus pauvres et les plus densément peuplés, avec une moyenne de 100.000 habitants au kilomètre carré, et pouvant en atteindre 259.000 à certains endroits. Les souks ou bazars et les étroites ruelles du Caire médiéval ont des allures d'un autre temps. Le souk Khan al-Khalili, où l'on peut acheter des objets en or, en argent ou en bois de l'artisanat local, est un lieu de prédilection des touristes.
Deux îles sur le Nil font partie du Caire. Sur l'île de Zamalek (aussi appelée Gezira, l'“île”), on trouve des quartiers résidentiels prestigieux, de grands jardins et la tour du Caire. Celle de Roda est le site de l'hôpital universitaire du Caire, l'un des nombreux et excellents centres hospitaliers de la ville.
Le visiteur passionné par les civilisations de l'ancienne Egypte et par l'héritage de l'islam est ébloui par les trésors qu'il rencontre. Le sphinx et les pyramides veillent en silence à Gizeh, sur la rive occidentale du Nil, et les objets précieux trouvés dans le tombeau de l'ancien roi Toutankhamon sont exposés au Musée égyptien du Caire. Les objets d'art de l'époque islamique peuvent être admirés au Musée d'art islamique de la ville. On peut voir au Caire, et en particulier dans la vieille cité médiévale, un grand nombre de magnifiques minarets, de dômes sculptés, de mausolées et de mosquées dans un très bon état de conservation. Les tombes des Mamelouks et les mosquées d'Ibn Touloun, d'al-Azhar, du sultan Hassan et de Mohammed Ali sont particulièrement intéressantes.
Le Caire est une ville aux mille visages, de l'horizon saisissant que les quartiers modernes, le long des rives du Nil, découpent dans le ciel, aux mosquées vulnérables et aux vestiges délabrés de l'ancienne cité. Cette métropole affairée révèle tout à coup son côté rural lorsqu'un fermier entraîne son troupeau de moutons sur un boulevard à forte circulation. Le Caire est aussi le premier centre industriel d'Egypte ; des usines de coton, d'acier, de sucre, de produits chimiques, de papier ajoutent leur production à la myriade d'artisans de la vieille ville. Par ailleurs, la capitale égyptienne a toujours été un centre commercial et financier important.
Non loin du centre, on peut découvrir les splendeurs des quartiers Est de la ville malheureusement surpeuplés aujourd'hui, site de remarquables édifices. Avec le soutien de l'aide internationale, les Égyptiens espèrent sauver du désastre la vieille ville et ses édifices médiévaux sans égal. Dans les étroites ruelles, de minuscules ateliers, des bazars couverts, d'imposantes maisons aux volets en treillis de bois, des étalages de fruits et les fameux cafés concourent à l'atmosphère frénétique et vivante de cet ancien quartier du Caire.
Les hauts minarets effilés des quelque 300 mosquées du Caire dominent le paysage urbain. Ce sont autant de rappels de la place que tient cette ville dans le monde islamique. La mosquée d'Ibn Tulun, construite après 876, est l'un des plus somptueux monuments du Caire ; son élégante esplanade couvre une superficie de 2,5 hectares. La mosquée d'al-Azhar, haut lieu de la vie spirituelle et intellectuelle musulmane, s'élève à la lisière orientale de la ville. Non loin de là se trouve la cité des Morts, un gigantesque cimetière aujourd'hui habité par des milliers de paysans venus des campagnes. Il reste quelques fragments du rempart, construit entre 1087 et 1092, mais sur les soixante portes d'origine, il n'y en a plus que trois qui tiennent encore debout. C'est la citadelle, dont les bastions furent édifiés par Saladin, qui symbolise le mieux la cité médiévale. Les musées du Caire, notamment le Musée d'art islamique, le Musée copte et le musée des Antiquités égyptiennes, célèbre dans le monde entier, rendent compte de la longue histoire de l'Egypte. Sur la rive occidentale du Nil, le Zoo du Caire abrite une collection spectaculaire d'animaux tropicaux. L'innovation la plus récente du Caire est un métro construit avec l'aide des Français et inauguré en 1987.
Memphis, la capitale de l'ancienne Egypte était située au sud de la ville actuelle du Caire. En l'an 641, les Arabes venus de la Péninsule installent le camp militaire de Fustat. En 962, les Fatimides, une branche musulmane dissidente, font la conquête de l'Egypte et construisent une ville fortifiée au nord-est de Fustat qu'ils baptisent al-Qahira. Au XIIème siècle, les Croisés assiègent Le Caire, mais sont battus par une armée musulmane venue de Syrie et conduite par Saladin. Ce dernier fonde la dynastie Ayyubide qui règne sur la ville. Saladin construit une grande citadelle (encore existante) au Caire.
Au XIIIème siècle, la cité devient la capitale des Mamelouks. A la fin du siècle, la population de la ville atteint 500.000 habitants. Aucune ville d'Europe ou du Moyen-Orient n'a un tel prestige ni de telles dimensions. Au milieu du XIVème siècle, la ville est décimée par la peste noire et c'est le déclin. En 1517, Le Caire est prise par les Ottomans.
Napoléon fait la conquête de l'Egypte en 1798. Pendant les trois ans d'occupation française qui suivent, des quartiers entiers sont détruits pour faire place à de larges avenues bien droites dont la plupart existent encore aujourd'hui. Les Ottomans reprennent la ville en 1801. La ville s'agrandit au cours du règne d'Ismaïl Pacha (1863-79). L'un des quartiers nouveaux, Ismaïlia, à l'ouest de la cité médiévale est de style européen.
Au début du XXème siècle, les Britanniques, qui contrôlent l'Egypte, modernisent Ismaïlia qui s'agrandit vers l'ouest en direction du Nil. Ils contribuent aussi à l'urbanisation de l'île de Zamalek et d'une partie de la rive occidentale du Nil. Après la Première Guerre mondiale, la présence étrangère au Caire commence à diminuer. De nouvelles zones urbaines sont créées pour loger les ouvriers égyptiens de plus en plus nombreux, venus pour la plupart des régions rurales du pays.
En 1927, Le Caire compte un million d'habitants et ce chiffre double entre 1927 et 1947. Après cette date, la population s'accroît encore plus rapidement, en particulier dans les années 60 et 70.
Les estimations sont très différentes, mais montrent que la ville-même compterait plus de 10.000.000 d'habitants. Le président Anouar el-Sadate est assassiné au Caire en 1981 alors qu'il assiste à un défilé militaire.
La population de la vaste banlieue du Caire s'accroît chaque jour. Avec ses faubourgs, la ville comptait déjà près de deux millions d'âmes dans les années 1940 ; aujourd'hui, elle dépasse les 13 millions d'habitants. Dans la plupart des quartiers pauvres de l'est de la ville, on trouve fréquemment des familles de dix personnes vivant dans une seule pièce, et les bidonvilles périphériques engloutissent chaque année davantage de terrain.
En 1977, le gouvernement entama la construction de la première d'une série de six villes nouvelles situées hors des zones traditionnelles de peuplement - dans le désert, à la lisière du delta du Nil. Il est prévu que chacune de ces agglomérations abrite entre 500 000 et 1 000 000 d'habitants. Les premières données recueillies indiquent que quelque 500 usines établies dans ces villes nouvelles emploient désormais plus de 40 000 personnes, mais la majorité des nouveaux logements sont vides. En dépit d'une superficie de terres cultivables réduite, la densité de population de l'Egypte est déjà parmi l'une des plus fortes du monde. Même si le taux de croissance démographique se ralentit, il y aura environ 65 millions d'Égyptiens d'ici à la fin du siècle - dont la moitié vivra dans des villes qui ne possèdent pas de logements en quantités suffisantes. L'exode rural ne fait qu'aggraver les choses.