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L'Union des Comores (جزر القمر, Juzur al-Qumur), autrefois appelée République fédérale islamique des Comores, se trouve entre l'île de Madagascar et le littoral oriental du continent africain, à l'entrée du canal du Mozambique.
Cet archipel se compose de trois grandes îles et de deux îles plus petites. A l'exception de l'île de Mayotte, sa superficie totale représente approximativement 2.170 kilomètres carrés. La capitale, Moroni, se trouve sur l'île de grande Comore et abrite près de 22.000 habitants. Grande Comore est la plus grande île de l'archipel et abrite un volcan actif qui est aussi le plus sommet du pays: le Mont Karthala. Les îles de Mohéli et d'Anjouan sont les deux autres îles principales. L'île de Mayotte possède, quant à elle, un statut particulier. Bien qu'elle fasse partie de l'archipel pour le gouvernement comorien, il s'agit en fait d'une possession française.
L'archipel possède un climat tropical caractérisé par une saison sèche, de mai à octobre, et une saison des pluies, de novembre à avril. Les températures les plus chaudes sont enregistrées en novembre où elles atteignent 28°C. Les précipitations les plus importantes ont, quant à elles, lieu en janvier.
La France a pris possession de l'île de Mayotte en 1843. L'ensemble de l'archipel est ensuite devenu un protectorat français en 1886 avant de faire partie des territoires d'Outre-mer français en 1947. En 1974, les îles de grande Comore, de Mohéli et d'Anjouan ont voté leur indépendance mais l'île de Mayotte a choisi de rester rattachée à la France. Depuis l'indépendance, en 1975, le gouvernement des Comores a connu plusieurs coups d'État. Le plus récent était dirigé contre le gouvernement de Saïd Mohamed Djohar, chef de la Cour suprême, élu président en 1990. A partir de 1984, l'Afrique du Sud a procédé au ravitaillement des mercenaires du Mozambique par l'intermédiaire de l'archipel des Comores. Le gouvernement était pendant cette période contrôlé par une Garde Présidentielle dirigée par le mercenaire français Bob Denard. Le 27 novembre 1989, le président Ahmed Abdallah est assassiné et Said Mohamed Djohar devient alors président intérimaire. Son élection à la présidence en mars 1990 marque le retour de la démocratie. Il est réélu en 1994.
Le 28 septembre 1995, le mercenaire français Bob Denard (connu pour ses multiples interventions militaires en Afrique et soupçonné d'avoir participé à l'assassinat de l'ex-président comorien Ahmed Abdallah, en 1989) et ses hommes attaquèrent le palais présidentiel à Moroni, et prirent le président Djohar en otage. Ils s'emparèrent de l'aéroport et relâchèrent tous les détenus de la prison de Moroni, parmi lesquels se trouvaient des complices ayant joué un rôle dans la tentative de coup d'État de 1992, fomentée par le même Bob Denard. Cette opération constituait sa quatrième tentative pour renverser le gouvernement des Comores. Cependant, le gouvernement français décida d'intervenir et les rebelles se rendirent aux militaires le 5 octobre Denard fut extradé vers la France, où il est poursuivi par la justice. Les élections de 1993 furent marquées par la violence. En 1994, Djohar nomma Halifa Houmadi Premier ministre, dans l'espoir de stabiliser le pays. Houmadi chercha à obtenir une aide internationale afin de verser les salaires aux fonctionnaires en grève et de résoudre les problèmes provoqués par les mouvements sécessionnistes et les opposants au régime.Ce nouveau gouvernement, dirigé par El Yachroutu, était formé des membres du précédent parti au pouvoir – à l'exception de Djohar – et d'un petit nombre de dirigeants de l'opposition. A la suite de l'élection de mars 1996, Mohamed Taki fut désigné président.
En 1996, la population de l'archipel était estimée à 550.000 habitants.
Le président du pays, qui est à la fois chef de l'État et chef du gouvernement, est élu au suffrage direct pour cinq ans. Les 42 membres de l'Assemblée fédérale sont élus pour des mandats de quatre ans, et le Sénat est constitué de cinq représentants provenant de chaque île. Plus de 20 partis sont représentés mais, pour limiter les risques d'instabilité politique, aucun ne possède la majorité. Chaque île dispose d'un gouverneur désigné et chaque préfecture d'un préfet élu. Tous les citoyens peuvent voter à partir de l'âge de 18 ans. La Constitution démocratique, révisée en 1992, est inspirée du modèle français.
La plupart des Comoriens ont des origines lointaines arabes ou des ancêtres d'Afrique continentale, et de façon générale, les premiers jouissent d'un statut social plus favorable que les descendants d'Africains, comme les Mohélians. Quelques familles sont issues d'ethnies malgaches et asiatiques.
La capitale, Moroni, et Mutsamudu constituent les plus grandes villes. Des trois îles, la Grande-Comore (Ngazidja) est la plus peuplée, puis viennent Anjouan (Mwali) et Mohéli (Nzwani).
Les Comoriens se nourrissent principalement de riz importé, généralement accompagné d'une sauce à base de viande ou de poisson. L'abondance de la pêche locale (thon, barracuda, thazard batard, et vivaneau campèche) constitue la source essentielle de protéines. Le manioc se consomme frit bouilli ou grillé. Le taro, les bananes vertes, le fruit de l'arbre à pain, et les patates (blanches et douces) font souvent partie des menus. Le poulet, la chèvre et le bœuf d'importation sont les viandes les plus appréciées mais le porc est prohibé par l'islam. Les Comoriens relèvent leurs plats avec du putu, une sauce au piment très forte. Le pain est fréquemment consommé, et les fruits oranges, bananes, ananas, papayes, mangues, fruits de la passion et litchis, sont abondants en saison. La noix de coco est utilisée dans certaines sauces. Les marchés en ville proposent des tomates, des oignons, des concombres et des haricots verts. Parmi les épices locales, on trouve le clou de girofle, la cannelle, le safran et la cardamome. Les repas sont accompagnés d'eau, de thé et de jus de fruit.
Le petit déjeuner est constitué de plats salés et de thé brûlant et sucré. Le repas de l'après-midi se compose en général d'un féculent comme le manioc ou les bananes vertes nappé de sauce, et de viande. Le dîner, qui comprend habituellement un plat de riz, représente le repas principal.
Les familles aisées vivant en ville prennent leurs repas à table, mais l'usage veut que chacun mange assis en tailleur sur une natte, autour de plats communs. Dans les zones rurales, les femmes ne mangent pas avec les hommes, surtout en présence d'invités.
Les Comoriens se lavent les mains dans une cuvette d'eau avant et après le repas. Lors de réunions importantes, la nourriture est servie sous forme de buffet. De façon générale, personne ne mange avant qu'une courte bénédiction n'ait été prononcée.
Les fêtes nationales sont le jour de l'An (1er janvier), le Nouvel An lunaire, la fête du Travail (1er mai), et la fête de l'Indépendance (6 juillet). Les célébrations islamiques se fondent sur le calendrier lunaire, de sorte que les dates changent chaque année.
Pendant le mois du Ramadan, la population jeûne de l'aube au crépuscule et les Comoriens célèbrent le dernier jour, l'Id-al-Fitr, en se rendant visite et en échangeant des cadeaux. Quarante jours plus tard, l'Id-al-Adha rend hommage à Abraham pour la force morale dont il fit preuve lorsqu'il accepta de sacrifier son fils.
Les Comoriens fêtent la naissance de Mahomet pendant un mois, le Maulid, qui représente son véritable jour anniversaire, est un jour de congé national.
Les Comores sont surnommées les «îles parfumées» car elles constituent le premier exportateur mondial d' ylang-ylang, plante qui produit une huile essentielle entrant dans la composition de base des parfums français. Les Comores exportent également de la vanille, de la cannelle et des clous de girofle. Cependant, le pays est toujours dans une situation économique délicate : il survit grâce à l'aide internationale et aux versements des Comoriens qui travaillent à l'étranger. Les réformes de l'économie de marché sont en progrès depuis 1991, mais l'infrastucture industrielle des Comores est toujours extrêmement limitée. L'agriculture représente environ 40 % du revenu national, et les services près de la moitié. Le tourisme se développe très rapidement: de nombreux capitaux étrangers ont été investis dans les installations hôtelières.
Beaucoup de Comoriens vivent d'une agriculture de subsistance. La monnaie est le franc comorien.
Les routes sont peu nombreuses mais la plupart sont goudronnées. Des taxis de brousse privés relient tous les villages sur chaque île; Moroni et Mutsamudu disposent de taxis de ville. Des bateaux transportent les passagers et les marchandises entre les îles. La compagnie aérienne Air Comoros dessert les îles et propose des vols vers Madagascar; l'aéroport de la Grande-Comore est international. Mutsamudu possède un port en eaux profondes qui peut accueillir les grands navires.
Outre la radio gouvernementale, il existe quelques radios privées. Un seul journal national paraît, Al-Watwan, qui est hebdomadaire. Peu de maisons sont équipées du téléphone, mais chaque île dispose de téléphones publics. La totalité du courrier international est acheminé via Paris.
Le système éducatif suit le programme français. La scolarité est gratuite, chaque village possède une école primaire, mais les instituteurs ne sont pas suffisamment qualifiés et souvent mal payés. Les grèves des enseignants ont raccourci l'année scolaire en 1994 et ont également provoqué des mouvements étudiants. Un tiers seulement des élèves achèvent leurs études primaires, et peu entrent au collège. Un petit nombre parvient au terme du lycée et passe les examens de fin d'études. Il existe un centre de formation des maîtres, mais pas d'université ni d'école d'État d'enseignement technique.