Le plus vaste désert du monde, situé dans le nord de l'Afrique. 8 millions de kilomètres carrés.
Population: 2 millions (Maures, Touareg, Toubous).
Le Maroc, l'Algérie, la Tunisie, la Libye, l'Egypte, le Soudan, le Tchad, le Niger, le Mali, la Mauritanie et le Sahara occidental se partagent ce territoire où règne la sécheresse (moins de 100 mm d'eau par an). Seuls, quelques oasis et la vallée du Nil sont cultivées. Le sahara comprend d'immenses plaines et plateaux (regs), des zones de dunes (le grand Erg) et des massifs montagneux souvent d'origine volcanique (Hoggar, Tibesti). Ressources du sous-sol: pétrole, gaz, phosphates. Durant la préhistoire, la région connut sans doute un climat plus humide et une vie beaucoup plus intense, comme en attestent de nombreuses traces datant du néolithique. Il semble que la sécheresse se soit manifestée dans l'Antiquité, où le cheval fut progressivement remplacé par le dromadaire. Le Sahara fut conquis par les Arabes à partir du VIIème siècle. Occupé par les Français, les Espagnols et les Italiens à la fin du XIXème siècle, le Sahara est progressivement revenu aux populations locales à partir de 1951.
Selon un ancien proverbe arabe, “le Sahara est le jardin d'Allah, d'où celui-ci élimina toute vie humaine ou animale superflue afin d'avoir un endroit où il puisse déambuler en paix”. En dehors de certaines régions où la présence de l'homme a depuis lors altéré la face de ce jardin, le Sahara est toujours un univers de paix et d'immensité.
Le Sahara tire son nom du mot arabe sahra qui signifie “désert”. C'est le plus grand désert du monde, puisqu'il s'étend sur 5 630 km, de l'océan Atlantique à la mer Rouge. Il représente près du quart de la superficie du continent africain et couvre plusieurs pays. Au nord, seules les montagnes de l'Atlas l'isolent de la Méditerranée. Au sud-est, il se heurte à la barrière des montagnes éthiopiennes. Ailleurs, rares sont les obstacles géographiques qui le séparent du Sahel, de sorte que le Sahara empiète régulièrement vers le sud.
Au centre, le terrain s'élève pour former les montagnes du Hoggar en Algérie et du Tibesti au Tchad. Ces reliefs sont d'origine volcanique ; au fil de millions d'années, sous l'action du vent et du sable, basaltes et granités se sont érodés, prenant de curieuses formes. Le Hoggar, le Tibesti et les hauteurs du Moyen Sahara voisin dessinent un croissant, encerclant des plaines telles que le Ténéré d'une désolation notoire. Au-delà de ce croissant, s'étendent les grandes plaines du désert de Libye, et le Sahara occidental avec leurs deux peuplements extrêmement isolés, Taoudenni et Koufra.
On se fait généralement du désert l'idée d'une mer de sable ondulée entrecoupée de dunes semblables à d'immenses brisants. Pourtant l'essentiel du Sahara est nettement moins spectaculaire. Les quatre cinquièmes de sa superficie sont faits de plateaux rocheux et d'interminables plaines désolées, tapissées de gravier et d'éboulis. Les zones sableuses, appelées ergs, sont contenues dans d'amples cuvettes. Dans certaines régions, les sables mouvants forment des dunes pouvant atteindre une hauteur de 180 m.
Le sable saharien est essentiellement le produit de l'érosion et de la désagrégation de roches. Au fil des années, montagnes et rochers se sont émiettés en pierraille qui s'est finalement transformée en sable et en poussière fine. Ce processus se poursuit, métamorphosant inéluctablement le paysage dans sa topographie et dans sa structure. Ce phénomène s'explique par les changements de température extrêmes que connaît le Sahara : des nuits froides suivies de journées d'une chaleur torride provoquent en effet une contraction puis une expansion de la roche qui finit par se briser.
A l'époque préhistorique, la végétation abondait dans le Sahara. Même pendant la période humide succédant à l'ère glaciaire du pléistocène, qui s'acheva il y a 10 000 ans, il y avait encore des forêts dans les montagnes au centre du Sahara, peuplées d'arbres comme on en trouve aujourd'hui en Europe centrale. Il y a cinq millénaires environ, l'ensemble de la planète commença à se réchauffer, et de cette période sèche, naquit le climat désertique qui prévaut aujourd'hui dans le Sahara.
Plus récemment, le Sahara continue d'évoluer : il s'étend de plus en plus vers le nord et vers le sud. Depuis plusieurs décennies, toutefois, on sait que l'empiétement régulier et destructeur du Sahara sur les régions de savane plus fertiles situées au sud (le phénomène de “désertification”) est partiellement dû à des facteurs humains.
Le Sahara connaît de longues périodes sans pluie, mais quand il y a un orage, les vallées arides se transforment en de véritables torrents tumultueux et le désert se change brusque¬ment en un jardin de fleurs multicolores.
En dehors des oasis, des buissons épineux et de petits arbres - acacias et tamaris - poussent dans les vallées et les cuvettes abritées. Sur les falaises et les plateaux rocheux, on trouve une flore plus petite et quasi permanente. Seules les zones rocheuses plates sont dépourvues de tous végétaux. Toutes les plantes du désert sont adaptées à des conditions climatiques extrêmes, et lorsque viennent les pluies, elles s'épanouissent toutes en quelques heures.
La faune du désert est tout aussi remarquable. Gazelles, souris, lézards et serpents s'adaptent à l'aridité du climat. Il y a aussi toute une variété d’oiseaux, d'insectes et de petits mammifères. Les moutons de Barbarie peuplent les plateaux rocheux et le fennec, le renard des sables, est même capable de vivre dans les dunes de sables mouvants. La plupart de ces espèces passent la journée dans leurs terriers à l'abri de la chaleur.
Grâce à leur approvisionnement permanent en eau, les Les oasis sont de véritables jardins au milieu du désert. Quatre-vingt-dix oasis sahariennes sont suffisamment étendues pour faire vivre des villages et fournir l'irrigation indispensable aux cultures, mais beaucoup sont plus petites. Elles témoignent de la fertilité inhérente de la terre : il suffit de voir la quantité d'arbres et de plantes que l'on peut faire pousser sur une surface restreinte. Mais ce sont surtout ces palmeraies verdoyantes, productrices de dattes, qui symbolisent les peuplements du Sahara.
Dans le Sahara, on trouve des vestiges de colonisations humaines remontant à 7 000 ans, lorsque des conditions climatiques plus propices autorisaient l'agriculture. Des peintures rupestres, découvertes dans les montagnes du Tassili, entre autres, donnent une mesure de la profusion d'oiseaux et d'animaux sauvages que l'on y trouvait alors.
Les premiers habitants du Sahara étaient des peuples négroïdes qui vivaient de la pêche et de la chasse. Des colonies d'éleveurs et de paysans investirent la région depuis le Moyen-Orient. Vers 4 000 ans av. J.-C, le climat devint plus sec et le Sahara commença à se changer peu à peu en désert. Des groupes isolés d'indigènes négroïdes se cramponnèrent aux montagnes du Tibesti au Tchad, mais la plupart des noirs émigrèrent vers le sud. Des Berbères, venus de la côte nord-ouest de l'Afrique, s'établirent alors dans le Sahara dont ils devinrent les nouveaux maîtres. Les premiers chameaux apparurent vers l'époque du Christ, et bientôt, les grandes routes de caravanes reliaient l'Afrique noire à la côte méditerranéenne.
La population actuelle du Sahara est essentiellement d'origine arabe ou berbère. Parmi les ethnies berbères, figurent les Touareg que l'on trouve dans les régions centrales de montagnes ou de plateaux, tandis que les Maures (d'ascendance arabe et berbère mélangée) occupent plutôt le nord-ouest. Les montagnes du Tibesti sont le domaine d'un groupe négroïde, les Teda. Des colonies permanentes se sont toujours établies là où l'approvisionnement en eau était suffisant. La plupart des villages d'oasis comptent moins de 2 000 habitants ; certains sont minuscules. De petites villes comme Agadès, Ghat ou Koufra se sont développées aux croisements des routes des caravanes ; les relations entre les fermiers et artisans, établis dans les oasis, et les nomades sont demeurées inchangées au fil des siècles. Outre l'élevage, les nomades vivent principalement du commerce et du transport de marchandises entre ces oasis, les gisements de sel et les villes de marché situées à la lisière du désert.
Ces dernières années, bon nombre de nomades ont été contraints d'abandonner leur mode de vie traditionnel et se sont sédentarisés, plus ou moins à contrecœur, dans les villes-oasis de la région du Sahel. Souvent, ce sont les terribles sécheresses de ces vingt dernières années qui les ont chassés du désert ; mais d'autres facteurs ont contribué à cette évolution : pressions politiques et développements technologiques, notamment - à commencer par le recours aux camions pour le transport des marchandises.
Diverses nations du désert ont opté pour une politique de “colonisation” forcée. Il en est résulté de brusques changements de densité de population, et partant d'utilisation de la terre, de sorte qu'une pression énorme s'exerce désormais sur l'écosystème délicat et instable de la région sahélienne. De plus en plus de gens affluent dans les zones où ils pensent pouvoir subvenir à leurs besoins alimentaires et où les puits creusés en profondeur garantissent l'approvisionnement en eau. Cela signifie que la période des jachères n'est plus respectée, et que la surexploitation des pâturages par le bétail aggrave le phénomène de “désertification” de la zone sahélienne. De graves sécheresses ont entraîné des famines désastreuses qui ont provoqué la mort de centaines de milliers de personnes. L'apport d'une aide alimentaire massive de l'étranger peut fournir une solution à court terme, mais il faudra bien affronter un jour ou l'autre les problèmes sous-jacents, comme la destruction de la végétation qui retient le sol et la poussée démographique.
Depuis la fin du XIXe siècle, le Sahara a été découpé par des frontières politiques, et depuis la Deuxième Guerre mondiale, pour des motifs économiques et militaires, on y a ouvert tout un réseau de routes modernes.
Le Sahara contient de précieux gisements de cuivre, de minerai de fer, de phosphates, d'uranium et d'autres minéraux, dont beaucoup n'ont pas encore été explorés. De vastes réserves de pétrole et de gaz naturel, découvertes en Algérie et en Libye dans les années 1950, sont devenues des produits d'exportation importants. La production d'“or noir” a apporté des changements profonds dans cette région du monde.
Aujourd'hui, pour certains touristes, le Sahara n'est peut-être rien d'autre qu'un vaste espace que l'on peut traverser en 4 x 4 ou en moto, tandis que d'autres s'exposent à de rudes épreuves dans le seul but de visiter les vestiges d'anciennes cultures ou de s'émerveiller de la beauté dépouillée du paysage.