Musique arabo-andalouse

Implantée par les Andalous exilés en Afrique du Nord après la chute de l’ultime royaume de Grenade, en 1492, la musique arabo-andalouse a été préservée au Maroc, en Tunisie, en Libye et en Algérie, dans des villes promues au rang de véritables cités-conservatoires, comme Alger, Constantine, Blida, Bedjaïa et Tlemcen. Cette dernière, qui fut la capitale politique et économique de la puissante dynastie des Zyanides (1235-1555), a su sauvegarder les richesses culturelles et artistiques qui témoignent de cette brillante civilisation.

Connue comme la musique savante de référence, c'est à dire toute forme de musiques classiques ou musiques d’art, soit des musiques codifiées qui se transmettent de maître à élève et qui demandent le respect d’un ensemble de règles musicales. Il s’agit de musique modale, c’est-à-dire organisée sur base d’un ensemble de modes dont chacun impose une échelle, une hiérarchie de notes et ce que Henri Lecomte appelle un «ensemble de connotations sociales et émotives», ce qui signifie notamment qu’à chaque mode correspond un sentiment ou une humeur particulière. Ces musiques sont héritières de la riche histoire de l’Andalousie musulmane. C’est pourquoi on évoque souvent le terme de musique arabo-andalouse. La musique classique arabo-andalouse, d'expression arabe (classique), est présente en Algérie, à travers trois importantes écoles : le gharnati de Tlemcen qui se revendique de Grenade, le çan'a d'Alger qui se revendique de Cordoue et le Malouf de Constantine (Algérie) qui se revendique de Séville. Chacune de ces écoles pratiquent cette musique avec ses propres nuances. Dans les trois écoles cette pratique est représentée par la nouba, qui correspond à une composition instrumentale et vocale qui se déroule selon un ordre établi et des règles rythmiques et modales bien déterminées. Chaque nouba est construite sur un mode (Tab) précis duquel elle tire son nom.

Les différents mouvements qui la composent et qui vont en s'accélérant, sont les suivants :

Sur les 24 noubas qui existent, on n'en connait que 12 complètes. Il s'agit : Nouba Dhil, Nouba Ghrib, Nouba Hsine, Nouba Maya, Nouba Mezmoum, Nouba Mdjenba, Nouba Rasd, Nouba Rasd Eddil, Nouba Reml, Nouba Reml Maya, Nouba Sika, Nouba Zidane.

Il serait fastidieux de citer ceux qui ont contribué ou contribuent encore à la préservation, à la sauvegarde et à la transmission de ce patrimoine séculaire. Mais quelques noms prestigieux se démarquent dans le carrousel musical des noubate.

Les grands maîtres de cette musique se nomment : Mohamed Ben Teffahi, Cheikh Larbi Bensari, son fils Rédouane BENSARI, Mahieddine BACHETARZI, Abdelkrim DALI, Dahmane Ben Achour, Cheikha Tetma, Fadhéla Dziria, El Hadj Ghaffour, Mohamed Khaznadji, Saddek el Bedjaoui, Sid Ahmed Serri, Mohamed Sfindja, Bachir Zerrouki.

Les points faibles de la politiques culturelle ménée pour cette musique est éloquent. Il est regrettable de constater le peu d'intérêt de la télévision algérienne sur ce type de musique, quand l’ENTV diffuse des programmation musicales andalouses, ce n’est qu’à des heures inaccessibles aux téléspectateurs : 2h, 4h ou 7h du matin !. Il est également constaté que le patrimoine de Tlemcen (et d'autres villes) est valorisé exclusivement par le bais d'associations qui ne reçoivent aucun subside !

Si la prestigieuse association El Djazaïria-El Mossilia garde intacte sa renommée, celle-là même qu’elle hérita de sociétaires qui se sont érigés en défenseurs de la cause culturelle algérienne pour préserver entière l’identité nationale, c’est grâce, il faut le dire, à l’œuvre édifiante menée consciencieusement et surtout avec ferveur par le successeur de Rachid Kasdali, Sid Ali Ben Mrabet, en l’occurrence.