{{autolink>Sahara occidental}} ====== Sahara occidental ====== Le [[Sahara occidental]] est un territoire aride et battu par les vents, situé sur la côte ouest de l'Afrique. Le désert descend jusqu'à la côte frangée de dunes, tandis qu'à l'intérieur des terres, quelques anciens cours d'eau dissèquent les étendues rocheuses qui n'offrent qu'une minuscule superficie de pâturages. Depuis 1975, ce territoire est le théâtre d'un grave conflit militaire, opposant le gouvernement marocain et la population locale, les Sahraouis. Cette lutte épuise l'économie marocaine et perturbe considérablement la vie quotidienne au Sahara occidental. Le Sahara occidental comporte d'immenses gisements de phosphates (dont on se sert pour fabriquer des fertilisants). Cette richesse minérale, confirmée à Bou Craa en 1965, a fait de ce pays totalement démuni, un capital précieux. Si le Maroc réussissait à prendre le contrôle de ce territoire, ces phosphates, ajoutés à ses propres réserves, lui donneraient un rôle prédominant sur les marchés internationaux. ===== Les Sahraouis ===== La population exacte du Sahara occidental demeure inconnue. Les chiffres sont difficiles à établir en raison des mouvements constants de cette population nomade. Pour la plupart d'origines arabe et berbère, les Sahraouis se déplacent avec leurs troupeaux de chameaux, de chèvres et de moutons en quête de pâturages. Ce mode de vie les entraîne souvent au-delà des frontières de leur territoire, dans des pays voisins. L'agriculture, restreinte, se limite aux oasis. De précieuses pêcheries sont l'une des rares ressources en dehors des gisements de phosphates. Le Sahara occidental exporte du poisson séché aux Canaries. La pénurie d'eau potable est un des plus graves problèmes et les Sahraouis sont parfois obligés d'en importer. ===== L'histoire ===== La promesse d'or attira les Portugais dans cette région dès le XVe siècle. Ils baptisèrent 'Rio de Oro' le baie où ils débarquèrent car on y faisait commerce de poussière d'or. Mais les nouveaux venus s'aperçurent très vite que cette précieuse marchandise venait non pas de l'intérieur des terres, comme ils l'avaient espéré, mais des contrées lointaines de l'Afrique occidentale. La période de domination marocaine, qui se prolongea de 1524 à 1860, laissa peu de vestiges musulmans - en dehors de la casbah et de la mosquée de Smara dans le nord du pays. Les marchands espagnols s'intéressèrent à cette région au XIXe siècle et revendiquèrent un protectorat sur les zones côtières. Ils firent de Villa Cisneros (aujourd'hui Dakhla) le siège de leur légion étrangère, réputée pour sa brutalité. En 1958, l'Espagne fit de ce territoire une province espagnole et la baptisa Sahara espagnol. En 1975, le roi Hassan II du Maroc lança une "marche verte" pacifique composée de 350 000 Marocains sans armes, dans le nord du Sahara. L'année suivante, il dépêchait une force de combat, équipée de pied en cape. L'Espagne ne se le fit pas dire deux fois et renonça à sa mainmise sur le Sahara espagnol, cédant le nord au Maroc et le sud à la Mauritanie. On le rebaptisa alors Sahara occidental. A la même époque, le Front Polisario nationaliste fit son apparition. Il proclama la République arabe sahraouie démocratique et entreprit de lutter sur deux fronts, contre le Maroc et la Mauritanie. En 1979, la Mauritanie se retira du conflit, et le Maroc s'empressa d'envahir le territoire ainsi libéré. Au début des années 1980, les Marocains construisirent un "mur" destiné à couper du reste du territoire les secteurs utiles - un arc de cercle allant de la frontière marocaine à la mer. Ce mur composé de fils de fer barbelés, de talus de sable et de champs de mines a effectivement coupé le pays en deux. A la fin des années 1980, le problème du Sahara occidental n'avait toujours pas trouvé de solution. L'O.N.U. et l'Organisation de l'unité africaine (divisées sur la question) proposèrent un référendum mais le roi Hassan du Maroc s'y opposa catégoriquement. Si ce référendum a finalement lieu un jour, il est indéniable que le nomadisme des Sahraouis compliquera considérablement les modalités du vote. Il y a une quinzaine d'années, El-Aïoun, principale agglomération du Sahara occidental, n'était encore qu'un village-pionnier misérable. Aujourd'hui, c'est une ville moderne, sophistiquée, étincelante, s'élevant, incongrue, au milieu du désert. Ses 90 000 habitants bénéficient de logements confortables et gratuits et de bâtiments publics ornementés. Les soins sanitaires et l'éducation sont également gratuits. Ces améliorations font partie des mesures prises par le roi Hassan pour tenter de gagner les votes de la population avant le référendum.