|
Traditions
Moeurs et coutumes chez les nubiens
Par Djazia, sociologue
Pour ce qui est des moeurs et coutumes et du mode de vie des Nubiens, nous remarquons que si les voyageurs français ont été plus intéressés par les monuments, les voyageurs Suisse et Italien ce sont plutôt tournés vers l’aspect social de la Nubie. En ce qui concerne les coutumes, certains voyageurs en parlent, sans donner des détails ou des précisions aptes à nous transmettre une image globale couvrant les différents aspects de la vie en Nubie toutefois nous trouvons à travers leurs écrits, des observations intéressantes. Le mariage, par exemple, donne aux femmes le sentiment de la pudeur et leur impose de nouveaux devoirs puisque dés le lendemain de son union avec le mari, la femme revêt un costume plus décent et se montre beaucoup plus soucieuse de ses charmes.
La prostitution oui n’a pas de frontières n’est pas tolérée en Nubie, excepté à Der, encore celles qu’on y voit sont—elles non pas des indigènes, mais des esclaves émancipées, qui, privées de toute ressource, ont eu recours à la prostitution pour ne pas mourir de faim. D’autre part, on décrit avec respect et admiration, le chagrin manifesté par la femme nubienne à la disparition de son mari. Les scènes de tous les jours où l'on voit une femme dans le lieu des sépultures, ou elle pleure sur le tombeau de son mari, et pousse des cris lamentables que les échos répétaient au loin. L’épouse ne quitte pas la tombe sur laquelle chaque jour, sans y avoir déposé une partie de son repas, offrande, dont les pauvres ou les oiseaux profitent ensuite. La cérémonie des funérailles reflétait le recueillement avec une grande dignité. Ajoutons encore cette qualité aux femmes nubiennes qui sont laborieuses et ont le sens de responsabilité puisque dès leur enfance, elles sont accablées par un travail continuel, étant chargées de tous le ménage, tandis que les hommes ne se livrent qu’a l'agriculture ou la pêche. Ce qui met en relief les aspects du mode de vie de ce peuple, c'est la nourriture où l'on remarquera la simplicité, voire la pauvreté de celle-ci. Les Nubiens vivent sobrement et ont moins de besoins que leurs voisins d’Egypte : les Berbères possèdent de nombreux troupeaux, et néanmoins ils ne mangent de la viande que les jours de fête et dans les grandes circonstances lorsqu’ils célèbrent un mariage, une naissance ou qu’ils reçoivent chez eux un étranger qu’ils veulent honorer. Mais ordinairement, ils se contentent de légumes, de dattes, de laitage, de riz, de pain, de doura (maïs) et de millet. Le lait aigre et les haricots forment la base de leur nourriture. Ils mangent en général peu de viande, si ce n’est quelquefois de la viande de chameaux. Les sauterelles -qu'ils font griller, soit à la flamme, soit sur le charbon - sont aussi de leur goût, quand ils peuvent s’en procurer. 0n signale d’autre part l’absence de toute boucherie, depuis les Voyageurs qui veulent de la viande doivent se contenter de Volailles ou acheter ou faire tuer des moutons. C’est pourquoi, comme d’autres l’indiquent les Berbères de la Nubie n'ont aucune difficulté de manger les lézards, les serpents, les oeufs et la chair de crocodile, que les Arabes au contraire, affectent de repousser avec horreur.
Les ustensiles de cuisine dans les maisons nubiennes attirent l‘attention qui consiste en une demie douzaine de jarres de deux pieds de diamètre et de cinq de haut dans lesquelles toutes les provisions de la famille sont gardées, quelques assiettes de terre cuite et un moulin à main. L’alcool n’échappe pas à cette nourriture car le vin de palme est connu, célèbre depuis l'antiquité, et qui ne se prépare qu’en Nubie avec des dattes. Les Nubiens font une boisson appelée "bouza" qui ressemble à la bière. Elle est extraite de la doura et de l’orge. Main c’est ce dernier qui est le meilleur. Par Djazia, sociologue, pour WebArabic.com |
© 2000-2008 WebArabic. Tous droits réservés.
Copyright et crédits - Conditions d'utilisation - Hébergement : PA2i







Ajouter un commentaire