|

A Dubaï, l'ivresse de la vitesse A Dubaï, la route 66 promet, comme aux États-Unis, la traversée de paysages grandioses. Balayée par les vents de sable, elle transperce sur des kilomètres le gigantesque désert de Rub al-Khali jusqu'à se perdre à l'horizon, quelque part vers le sultanat d'Oman. Devant cette ligne droite tracée au milieu des dunes, la tentation d'appuyer sur l'accélérateur est trop forte. Attention, néanmoins, limitée à 100 km/h, cette double voie est contrôlée par radars et les policiers y effectuent de nombreuses patrouilles. A Dubaï, des rassemblements de bolides de course ont lieu à la nuit tombée afin d'éviter les contrôles de police.
Ce matin-là, la police y est justement chargée d'animer une campagne sur les dangers de la vitesse. En 2007, les routes de l'émirat étaient classées parmi les plus dangereuses du monde, avec plus de 350 morts (2 000 dans tous les Émirats arabes unis). Au bord de la route, une carcasse de voiture, pulvérisée après une collision, est exposée bien en vue des automobilistes. Difficile de distinguer la marque, il ne reste plus qu'un amas de tôle et ce slogan placardé juste à côté : "Speed kills" (la vitesse tue).
Grâce à ce genre de campagnes-chocs qui ont permis de diviser par trois la mortalité au volant (123 tués en 2012), les autorités espèrent atteindre un bilan de zéro tué en 2020. "Ce sera dur, mais pas impossible", souligne Omrane Abdallah, porte-parole de la police de la circulation à Dubaï. "La vitesse est la principale cause d'accidents sur nos routes. Cumulée à d'autres infractions comme l'usage du téléphone ou le non-respect des distances de sécurité, elle provoque de nombreux drames. On doit pouvoir y remédier."
Il n'y a qu'à Dubaï pour voir cette Lamborghini Gallardo décapotable entièrement calcinée à la suite d'une collision.
Porsche et Ferrari en fourrière
Pour traquer les chauffards, la police s'est dotée d'un véritable arsenal. Malgré un réseau peu développé long d'un millier de kilomètres, 500 radars fixes ont été installés au bord des routes. L'an dernier, ils ont flashé plus de 1,5 million de fois. "Une contravention sur quatre concernait des conducteurs roulant à plus de 150 km/h sur autoroutes [limitées à 120, NDLR]. Et on a distribué une centaine de P-V par jour concernant des excès au-delà des 170 km/h", précise le policier.
La fourrière de Dubaï vient de saisir cette Ferrari pour excès de vitesse. Sur le site protégé comme une prison sont stationnées plus de 2500 voitures confisquées à la suite d'une infraction.
Autre moyen de répression : les 130 véhicules rapides d'intervention (BMW, Chevrolet) dont disposent les autorités, la création d'un permis à points ou la confiscation des voitures. La plupart d'entre elles dorment à la fourrière. Protégé comme une prison avec murs d'enceinte et caméras de surveillance, le site abrite plus de 2 500 voitures, parmi lesquelles des modèles de prestige : Ferrari, Porsche, Bentley... Toutes ont été saisies à des propriétaires imprudents ou trop pressés. "Elles restent ici entre trois mois et un an, selon la gravité de l'infraction", indique le directeur, Ahmed al-Amri. "Mais venez plutôt voir de ce côté les ravages de la vitesse", s'écrie-t-il.
A deux pas de la fourrière, un cimetière de véhicules accidentés s'étend à perte de vue. Partout, des épaves, des châssis broyés et leur lot de vies brisées. Certaines des voitures les plus chères du monde gisent là, au milieu de cette nécropole automobile : comme cette Lamborghini Gallardo calcinée ou encore cette Mercedes SLS aux portes papillon défigurées après une collision. "Voilà dans quel état on récupère les véhicules accidentés. La plupart termineront à la casse ou vendus pour leurs pièces détachées", explique Ahmed al-Amri. Lire la suite de l'article sur : LePoint.Fr
» Réagissez dans le forum Actualités
|